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Les ressources en eau de Seine-et-Marne touchées par la sécheresse
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- 21-07-2011
- SECHERESSE
Au 23 août 2011, 66 départements (soit 5 de moins qu'un mois plut tôt) incluant la Seine-et-Marne sont concernés par au moins un arrêté préfectoral en vigueur limitant l’usage de l’eau, pour adapter les prélèvements aux débits des cours d’eau et aux niveaux des nappes.
Évolution de la situation météorologique
Comparaison avec les sécheresses des années 1976 et 2003
Le mois d’avril 2011 est le 2ème plus chaud et parmi les plus secs (seulement 29% de la « normale » des précipitations) du vingtième siècle. Aujourd’hui, globalement, les nappes phréatiques sont mieux remplies qu’en 1976 grâce aux précipitations du début de l’hiver 2010-2011. En revanche, à la mi-avril 2011, les sols sont plus secs en surface qu’en 1976 (il avait davantage plu en février et en avril) et 2003 (mois de février et mars très secs, mais janvier pluvieux).
En 1976, le printemps avait ensuite été plus sec que la normale et la sécheresse aggravée par un été chaud et sec. La situation avait commencé à s’améliorer en septembre.
En 2003, après un manque de pluie en février, mars et avril, la situation s’était améliorée dans certaines régions (Nord de la France) en mai, mais à nouveau dégradée dans tout le pays à cause d’un mois de juin très chaud (températures supérieures de 4,9°C aux normales) et sec, et encore plus en été, à cause du peu de précipitations et de températures caniculaires. Les sols n’étaient revenus à une situation normale
Source : Ministère de l'écologie
En mars, les précipitations ont été fortement déficitaires sur une grande partie du pays. A l’échelle de la France le déficit global est de l’ordre de 25 %. Début mars, les sols superficiels présentaient un taux d’humidité proche de la normale en France, mais les faibles pluies et les températures relativement élevées ont contribué à l’amorce de leur assèchement.
Le mois d’avril a été ensuite exceptionnel par sa faible pluviométrie et par ses températures élevées. Il se situe parmi les plus secs depuis 1959, à l’image des mois d’avril 1984 et 1982. Avec une température globale sur la France supérieure de 4 °C à la moyenne de référence, il se situe aussi au second rang des mois d’avril les plus chauds depuis le début du XXème siècle. Les déficits pluviométriques conjugués aux fortes chaleurs ont entraîné un assèchement très rapide des sols superficiels au cours du mois d’avril, dans une période où la végétation en pleine croissance est fortement demandeuse d’eau.
En mai, quelques épisodes pluvio-orageux ont concerné le pays. Au 14 mai 2011, les quantités d’eau recueillies en France depuis le début du printemps météorologique (mars, avril, mai) sont sensiblement inférieures à celles recueillies au cours du printemps 1976, printemps le plus sec depuis 1959.
Conséquence directe de ces conditions exceptionnelles : une grande partie de la France connaît des niveaux de sècheresse des sols superficiels jamais atteints à cette date au cours des cinquante dernières années. Ces niveaux correspondent sur de nombreuses régions à ceux normalement observés en juillet.
De plus, le bulletin de prévision saisonnière de Météo-France prévoit un trimestre juin-juillet-août globalement plus chaud que les normales saisonnières. De même concernant la pluviométrie, Météo-France prévoit, au mieux, un cumul proche de la normale saisonnière pour cet été.
Source : Météo-France
Les impacts de la sécheresse sur les ressources en eau de Seine-et-Marne
Pour rappel, après consultation du Comité Départemental Sécheresse, réuni le 4 avril 2011, le Préfet de Seine-et-Marne a signé le 04 mai 2011 un arrêté cadre départemental fixant, pour 2011, les mesures de limitation des usages de l’eau en fonction de l’état des cours d’eau et de leur nappe d’accompagnement.
Depuis, compte tenu de la situation critique des nappes et cours d’eau du département, un nouveau comité sécheresse départemental s’est réuni le 8 juin 2011.
En effet, le mois d’avril a été le 2ème mois le plus sec, le plus ensoleillé et le plus chaud enregistré à Melun depuis 1947, ce qui n’a pas été sans conséquence sur les cultures de printemps et donc sur la pression exercée sur les nappes par l’irrigation.
A l’échelle du département, on peut considérer qu’entre mars et mai, le déficit pluviométrique est de l’ordre de 2 à 3 mois de précipitations mensuelles normales. On se situe donc globalement dans une situation comparable à celle de 1976, voir de 1921 dans certains secteurs de la frange ouest du département. Malgré les derniers épisodes orageux, la pluie n’a eu aucun impact sur les nappes, qu’un impact très momentané et brutal sur les cours d’eau, quant au sol déjà très sec, il n’a été que légèrement humidifié sur ses 15 premiers centimètres.
Il faut cependant rappeler que, indépendamment de tout épisode de sécheresse, la recharge des nappes est naturellement très faible voire nulle durant l'été. La période la plus propice à la recharge s’étend entre le début de l’automne et le milieu du printemps, période pendant laquelle l’évaporation, la température et les besoins en eau des végétaux sont suffisamment faibles pour permettre à une partie des précipitations d’alimenter les nappes (précipitations efficaces).
Source : Météo-France
Situation des nappes souterraines
La nappe de Champigny : Le niveau atteint par la nappe de Champigny n’est pas encore catastrophique. Cependant, compte tenu des vitesses de vidange de cette dernière, on peut craindre que la situation devienne rapidement très préoccupante.
En effet, au 8 juin 2011, le piézomètre de Montereau-sur-le-Jard indique un niveau de la nappe très bas, il n'est plus qu'à 18 cm du seuil de crise. De plus, la vitesse de vidange de la nappe (- 0,73 cm/jour) est bien plus rapide que celles enregistrées ces dernières années. Du fait, des températures exceptionnelles et du manque de précipitations du mois d’avril, les prélèvements en nappe, notamment agricole, ont probablement dû être plus importants que les autres années à la même période d’où une situation critique bien plus précoce. Il est fort probable que le niveau de la nappe à Montereau-sur-le-Jard, passe sous le seuil de crise dès la fin du mois de juin.
A Saint-Martin-Chennetron, dans le Provinois, la recharge est vraisemblablement terminée. Le niveau de la nappe s’est stabilisé au seuil de crise. On est très probable, compte tenu des vitesses de vidanges théoriques, que le seuil de crise renforcée soit atteint à la fin du mois d’août.
Source : AQUI'Brie
La nappe de Beauce : L’indicateur nappe de Beauce Centrale se situe à la mi-juin à 112,77 mNGF, en seuils d’alerte S1 (PSA=Niveau Piézométrique Seuil d’Alerte), et poursuit sa chute vers le seuil d’alerte S2. Le niveau de nappe reste très bas, ce qui limite de fait le débit de base de ses rivières exutoires.
Suite au comité de suivi de la nappe de Beauce qui s'est réuni lundi 23 mai 2011 des mesures de restrictions de l'irrigation agricole, à partir de la nappe de Beauce ont été prises. Ainsi, les arrêtés des 6 départements (Eure et Loir, Loir et Cher, Loiret, Seine et Marne, Yvelines, Essonne) qui ont été pris en mai et fixant une suspension des prélèvements pour l’irrigation, de 24 heures par semaine (du dimanche 8 heures au lundi 8 heures), restent en vigueur. Dès que les débits des cours d'eau indicateurs franchiront leur débit de crise, selon les modalités de l'arrêté cadre de gestion de la nappe de Beauce, les mesures d'interdiction de prélèvements pour l'irrigation seraient portées à 48 heures par semaine.
Source : DRIEE IDF
Situation hydrologique
La situation se dégrade fortement, tant sur les petites rivières qui connaissent déjà des situations d’étiage prononcé, que sur les grands cours d’eau dont les débits ont atteint les seuils de vigilance. Les précipitations des derniers jours ont été notables sur l’est de l’Ile de France et le Loing mais n’ont engendré qu’une faible hausse des débits ; ceux-ci sont déjà revenus ou reviendront rapidement aux valeurs basses de cette dernière quinzaine.
Le dispositif de soutien d’étiage a été activé, de manière anticipée, pour faire face à la situation d’étiages précoces et prononcés ; ses effets devraient bientôt se mesurer. Il est à noter que les lâchers de barrages régulateurs (sur la Marne, Seine, Yonne et l’Aube) des Grands Lacs de Seine ont débuté dés début juin au lieu de début juillet habituellement Sur la Marne et sur la Seine, les franchissements du premier niveau de vigilance se sont produits en fin de quinzaine :
- La Marne à Gournay : le débit de la Marne est passé sous le seuil de vigilance ; le soutien d’étiage des Grands Lacs de Seine sera ressenti en région parisienne lors de la prochaine quinzaine.
- La Seine à Pont-sur-Seine : le débit de la Seine est proche du seuil de vigilance ; le soutien d’étiage est d’autant plus indispensable qu’il conditionne le fonctionnement de l’usine électrique de Nogent-sur-Seine (aéroréfrigérants des réacteurs nucléaires).
- Le Grand Morin à Pommeuse : la baisse des débits se stabilise sur la dernière quinzaine ; le débit a franchi le seuil d’alerte à Pommeuse très tôt dans la saison.
- La Thérouanne à Congis : le débit de la Thérouanne est passé sous le seuil de vigilance
- L’orvanne et le lunain : le débit de ces 2 rivières du sud du département est passé en seuil d’alerte
- Le Fusin : c’est la rivière Seine-et-Marnaise la plus touchée, son bassin versant est en état de crise renforcée.

