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Temoignages

Aéroport Roissy CDG

Dans le cadre de sa politique environnementale volontariste, Aéroports de Paris a pris l'engagement de poursuivre l'amélioration permanente du dispositif de traitement des eaux pluviales pour faire face à des événements hivernaux exceptionnels, comme ceux connus entre 2010 et 2012, et pour anticiper le développement futur de cet aéroport de Paris- Charles de Gaulle dans le respect de l'environnement.

Entretien avec Monsieur Yves LEICHTNAM, Directeur Energie et Logistique, et de Monsieur Frédéric NAVARRE, Responsable du Pôle Services et Environnement à Aéroports de Paris

M. Leichtman

M. Navarre

Quelles sont les obligations règlementaires dans le domaine de l’eau ?

Les rejets vers les 2 exutoires (ruisseau du Sausset pour le bassin versant Seine et la Reneuse pour le bassin versant Marne) sont soumis aux prescriptions de l’Arrêté Inter-Préfectoral de 1997. Une procédure ayant fait l’objet d’une nouvelle autorisation au titre de la Loi sur l’Eau a eu lieu en 2008 permettant d’adapter la gestion des rejets (notamment en autorisant un rejet plus important) en fonction de l’acceptabilité par le milieu naturel. Un nouvel arrêté, n° 08/DAIDD/E/049 du 20 novembre 2008 a prorogé l’Arrêté du 3 avril 1997. Les principales prescriptions de cet arrêté sont :

  • Le débit de rejet :
  • 200 l/s en nominal, et jusqu'à 1 000 l/s à l’aval du BV Marne,
  • 50 l/s en nominal, et jusqu'à 150 l/s à l’aval du BV Seine.
  • La concentration en DCO (Demande Chimique en Oxygène) du rejet :
  • 40 mg DCO/l à l'aval du BV Marne,
  • 25 mg DCO/l à l'aval du BV Seine.

Quels sont les équipements en place pour lutter contre la pollution des milieux ?

Le système pluvial de l’aéroport comporte environ 120 km de collecteurs. Les réseaux sont majoritairement de type gravitaire avec quelques exceptions pour des zones situées en contrebas qui sont équipés de postes de relèvement ou refoulement. On compte 19 stations de pompage dont les deux principales permettent de vidanger deux grands bassins de stockage. Le système pluvial de la plate-forme aéroportuaire Paris - Charles de Gaulle compte de nombreux ouvrages de stockage et deux stations de traitement des eaux :


Bassin versant "Marne"
Bassin Ouest
12 000 m3
Bassin 19R
43 000 m3
Bassin n°3
80 000 m3 Bassin des Renardières
1 260 000 m3
Bassin n°1
35 000 m3 Bassin du collecteur 11
30 000 m3
Bassin n°2
96 000 m3 Bassin PHR1
36 000 m3

Ces bassins ont un rôle d'écrêtement des débits générés par temps de pluie: ils se remplissent lors d'un évènement pluvieux et sont vidangés progressivement vers l'aval après l'évènement pluvieux, en fonction des capacités de stockage des bassins aval et du débit effectif de vidange vers le milieu naturel. Certains (B1 et B2 notamment) présentent un compartimentage permettant d'isoler en cas de besoin les volumes d'eaux polluées (pollution accidentelle ou hivernale) avant traitement ou épuration naturelle.


bassin versant "Seine"
Lagunage 150 000 m3

Par ailleurs, des dispositifs de prétraitement (135 débourbeurs-séparateurs) sont positionnés aux endroits stratégiques du système de collecte, en particulier à l’aval des postes de stationnement des avions et des parkings de véhicules.

Bassin du collecteur 11

Comment est réalisée la gestion de la problématique du gel sur l’Aéroport ?

En hiver, les avions au parking peuvent, dans certaines conditions, être recouverts de glace ou de givre (qui peut présenter différentes caractéristiques : gelée blanche, rosée blanche, givre blanc). En cas de précipitations neigeuses, ils peuvent aussi être recouverts d'une couche plus ou moins importante de neige, aux caractéristiques également très variables (plus ou moins collante).

  • Le dégivrage est une procédure curative qui permet de décontaminer l'avion de toute trace de neige, glace ou givre. La plate-forme de CDG dispose aujourd'hui de 13 aires dédiées, appelées aussi baies de dégivrage. Du fait de ces deux configurations de décollage, 7 aires de dégivrage au plus peuvent être utilisées simultanément. Le produit utilisé est du propylène glycol qui est facilement biodégradable. Six bassins de rétention sont situés à proximité des aires de dégivrage et permettent de récupérer les effluents des produits de dégivrage. Ces produits sont régulièrement pompés et envoyés dans une usine où ils sont détruits par évapo-incinération.
  • L' antigivrage est une opération préventive qui permet d'assurer, pendant un certain temps, variable en fonction des produits utilisés, une protection de l'avion contre de nouvelles contaminations par la neige, la glace ou le givre. Un appareil passant la nuit au parking peut bénéficier d'un traitement d'antigivrage mais devra généralement, s'il vient à neiger, subir un cycle complet de dégivrage et d'antigivrage avant de décoller. Le produit utilisé est également du propylène glycol.
  • Le déverglaçage consiste au traitement des chaussées aéronautiques (pistes, voies de circulation avion, aires de stationnement). Le produit utilisé est du formiate de potassium.

Quel est l’implication d’ADP dans la reconquête de la qualité de la Beuvronne ?

ADP participe au contrat de bassin "Beuvronne" porté par le Syndicat Intercommunal d’Etudes, d’Aménagement et d’Entretien de la Haute-Beuvronne "SIEAEHB".

La Région Ile-de-France et l’Agence de l’Eau Seine-Normandie ont souhaité que le SIEAEHB soit porteur d’un contrat de bassin « Beuvronne » portant sur l’ensemble du bassin hydrographique de la rivière. Ce contrat comprend une cellule animation créée pour 6 ans managée par l’embauche d’un ingénieur spécialisé dans les domaines de l’eau et de l’assainissement chargé d’établir un programme d’études et de travaux sur 5 ans répondant aux objectifs d’amélioration de la qualité de l’eau et portés par les maîtres d’ouvrages concernés.

Les actions sont hiérarchisées en fonction de leur impact sur le milieu naturel et incluent la réalisation d’une étude éco-morphologique de la rivière ayant pour but de préserver et d’améliorer la continuité écologique et sédimentaire de la Beuvronne.

Quels sont les projets pour améliorer la situation ?

Aéroports de Paris a initié en 2010 une réflexion majeure pour améliorer significativement ses capacités de traitement des eaux pluviales, principalement celles qui sont chargées des traces de fondants hivernaux entre novembre et juin de chaque année.

Le "Plan d'Actions" qui exprime cette réflexion s'est traduite dès 2010 et 2011 par de nombreux travaux : les plus emblématiques sont la création d'une extension de l'un des bassins de stockage des eaux situé au centre de l'aéroport et la construction d'une canalisation (by-pass) qui évite aux eaux provenant de la commune du Mesnil-Amelot de se rejeter dans celles de l'aéroport. Cet évitement de volume d'apport est un élément facilitant la gestion des volumes de stockage des eaux avant traitement.

Ce Plan d'Actions va se poursuivre en 2012 et au-delà par la mise en œuvre de moyens encore plus performants pour faire face à des hivers exceptionnels, comme ceux vécus en 2009/2010 et 2010/2011.

Bassin des Renardières

Quels sont les moyens de surveillance des rejets et de milieux récepteurs ?

Les deux Bassins Versant sont équipés en sortie de plate-forme de station de surveillance qui mesure en continu les paramètres COT (Carbone Organique Total), débit, pH, température et turbidité.

Des mesures de qualité sont également réalisées mensuellement aux deux points de rejet sur de nombreux paramètres (pollutions carbonée, azotée, métaux lourds, BTEX composés organiques mono-aromatique volatils, hydrocarbures, propylène glycol,…). Ces mesures permettent également de quantifier l'impact du rejet d'Aéroports de Paris dans les milieux récepteurs.

Sur le bassin Versant Marne, sont implantés six points de surveillance du milieu récepteur mesurant en continu la hauteur d'eau et le débit de la rivière à ces points (en aval du rejet d'Aéroports de Paris sur la Réneuse au pont de la Rosée, sur le ru des grues, sur la Haute-Beuvronne au niveau de l'ancienne step de Gressy, sur la Beuvronne au niveau de la RN3, au niveau de l'Allée Benoit et de la rue de Vilaine à Claye Souilly.

Il est prévu pour fin 2012 d'ajouter un point de surveillance sur la Réneuse en amont du rejet d'Aéroports de Paris.

Que représente pour ADP, la signature d’une convention de partenariat avec le Conseil Départemental dans le domaine de l’environnement ?

La convention signée le 19 mai 2011 entre le Département et Aéroports de Paris exprime la volonté des deux parties d’intensifier et de renforcer leur coopération, notamment en matière d’environnement, et de mener des actions concrètes communes pour un bénéfice mutuel.

L’un des axes de coopération environnementale est la gestion de l’eau.

L’objectif principal vise à reconquérir la qualité des milieux superficiels et à protéger les populations aval des risques d’inondation et des nuisances olfactives.

Les trois moyens créés pour atteindre cet objectif sont les suivants :

  1. constitution d’une cellule d’échange et de concertation entre les services concernés du Département et ceux d’Aéroports de Paris,
  2. mise en œuvre d’un dispositif d’échange de données des réseaux de surveillance,
  3. mise en œuvre d’outils communs de communication.

La mise en œuvre des actions de gestion de l’eau est assurée par un représentant désigné respectivement par Aéroports de Paris et par le Département.

Les représentants de chacun des partenaires conviennent des modalités de leur collaboration, définissent le plan d’action et les actions à entreprendre, et veillent à leur mise en œuvre. Ils se réunissent autant que nécessaire. Ils rendent compte de leurs actions au Comité de Pilotage qui réunit les représentants de chaque domaine de coopération et les signataires de la convention ou leur représentant.

C’est dans ce contexte contractuel que les démarches précitées de coopération ont été engagées.