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Les communes s’engagent

Démarche zero phyto à Chauconin-Neufmontiers

Depuis 2007, la commune rurale de Chauconin-Neufmontiers, au nord de la Seine-et-Marne, s’est résolument engagée dans une démarche "zéro phyto" consistant à stopper l’usage des herbicides chimiques pour le désherbage des espaces verts et des voiries. Une façon efficace de renforcer sa politique en matière de protection de l’environnement, thématique qui figure au cœur du projet municipal.

Questions à...

Michel Bachmann, maire de Chauconin-Neufmontiers

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Michel Bachmann

Quelles ont été vos motivations pour initier une démarche "zéro phyto" dans votre commune ?
Notre équipe est en place depuis 1995 et dès cette époque, nous avons entamé un certain nombre de démarches en faveur de l’environnement. Ce fut par exemple, au début des années 2000, la restauration des chemins ruraux, puis l’acquisition du Bois du Télégraphe, désormais classé "Espace naturel sensible". C’est dans cette démarche globale que s’inscrit la décision de supprimer tous les produits phytosanitaires.

Quels changements avez-vous opéré ?
Nous avons supprimé l’utilisation du désherbant total sur les voiries, dans les parcs et les cimetières. Désormais, la "mauvaise herbe" est arrachée manuellement et le paillage des plantations est systématisé : paillage de lin sur les massifs fleuris, et de broyat issu des déchets d’élagage sur les massifs arbustifs. Par ailleurs, nous utilisons des plantes couvre-sols. Enfin, nous venons d’acquérir, avec le soutien du Conseil général, un désherbeur thermique*. Si cette technique n’est pas la panacée, elle constitue cependant une méthode de désherbage moins contestable que l'utilisation de désherbants chimiques.

Quels avantages tirez-vous de cette démarche ?

Tout d’abord, les nappes phréatiques sont moins souillées. L’arrêt de l’utilisation des désherbants chimiques fait donc du bien à l’environnement. Pour le reste, si le fait de ne plus acheter de produits phytosanitaires représente une économie, il est clair que celle-ci est compensée par un surcroît de personnel. Nous employons une personne en contrat aidé qui passe 4 mois à plein temps sur ces activités. Enfin, il arrivait auparavant que les riverains se plaignent des actions de désherbage. Ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui !

Comment les habitants ont-ils été informés ? Sont-ils satisfaits ?
L’environnement est un sujet abordé de façon récurrente dans notre magazine municipal et sur notre site internet. Nous sensibilisons les habitants au fait que ce n’est pas grave de trouver ici ou là quelques herbes folles au bord des trottoirs. Nous essayons aussi de sensibiliser les jardiniers amateurs sur les dangers des pesticides et sur les alternatives possibles.

Enfin, les écoliers sont régulièrement associés à des opérations de nettoyage des chemins ruraux et à des opérations de plantations. Les réactions sont plutôt positives. Nous n’avons jamais eu de réactions négatives quant à la présence d’herbes "indésirables" sur la voirie.

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Ouvrier travaillant avec une binette

Quels conseils pourriez-vous donner aux communes désirant entrer dans cette démarche ?
Nous avons décidé d’arrêter les produits phytosanitaires du jour au lendemain. A priori, une commune n’excédant pas 2 000 habitants peut procéder ainsi, sachant que nous avons 15 kilomètres de voirie et trois cimetières totalisant 7000 m2.

Le premier conseil que nous pourrions donner est de bien communiquer sur ce sujet, en direction de la population mais aussi en interne, auprès des agents.

D’un point de vue technique, nous nous sommes inspirés de diverses expériences existant ici et là, nous avons tâtonné, trouvé, adapté au cas par cas. De façon générale, notre commune a l’habitude de faire beaucoup avec peu de moyens et de travailler en étroit partenariat avec les services, institutions et collectivités territoriales : DDE, Conseil général, Conseil régional…

* Coût du désherbeur thermique : 480 euros HT. Subvention du Conseil général : 192 euros.

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Définitions

Pesticide

Un pesticide est un "destructeur de ravageurs" (de l'anglais "pest" = ravageur). Egalement appelés produits phytosanitaires, produits antiparasitaires ou produits agro-pharmaceutiques, ces produits chimiques sont conçus pour tuer toutes sortes de parasites : les insectes (insecticides) ; les adventices ou "mauvaises herbes" (herbicides) ; les champignons (fongicides) ; les rongeurs (rodenticides) ; les limaces (molluscicides ou anti-limaces).

Ces pesticides posent un véritable problème de santé publique, non seulement pour les utilisateurs qui sont les plus exposés, mais aussi pour la population en général. L’épidémiologie montre ainsi que les personnes exposées à ces produits ont plus de risques de développer de nombreuses maladies que les autres.

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Paillage

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Le broyage issu des déchets d'élagage sera utilisé sur les massifs arbustifs.

Cette opération consiste à recouvrir le sol, au pied des plantes cultivées, avec des matières végétales opaques mais laissant passer l'air et l'eau. Cette pratique protège la structure de la terre et limite les pertes d'eau et la croissance des mauvaises herbes.

Outre de la paille, on peut utiliser des écorces de pin, de cacao, du lin, du chanvre, du gravier, de la pouzzolane, des broyats, etc.

Le paillage (ou "mulch" en anglais) a plusieurs effets : il permet de garder l'humidité au pied des plantes, de faciliter l’arrachage des mauvaises herbes restantes, de protéger les plantes en cas de gel, et enfin de nourrir la terre.

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CONTACT +

Mairie de Chauconin-Neufmontiers (77124)
Frédéric Brault
Responsable Services techniques
Tél. : 01 64 33 11 18 chauconin.techniques@wanadoo.fr

CLICS +

Action citoyenne pour une alternative aux pesticides (ACAP)

L'ACAP est un collectif d’associations lancé en 2004 dans le but d’inciter les pouvoirs publics à œuvrer dans le sens d’une réduction importante de l’utilisation intensive des pesticides en France.

Guide des alternatives au désherbage chimique

Guide réalisé sous l’égide de la Cellule d’orientation régionale pour la protection des eaux contre les pesticides (CORPEP) de Bretagne.