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Les communes s’engagent

Écuelles, commune de Seine-et-Marne à « zéro phyto » : Retour d’expérience

Depuis 2010, les agents du service espaces verts de la commune d’Écuelles ont définitivement abandonné l’utilisation des désherbants chimiques. Cette commune rejoint ainsi les 28 communes à « zéro phyto », parmi les 350 du département engagées à ce jour dans une démarche de réduction d’usage des produits phytosanitaires.

Retour d’expérience de cette commune Seine-et-Marnaise : les motivations, les moyens mis en œuvre et les difficultés rencontrées.

Questions à Edwige BOUTARIN - Maire-adjointe à l’environnement, commune d’Écuelles


Mme BOUTARIN - Maire-adjointe à l'environnement de la commune d'Écuelles

Pouvez-vous nous présenter la commune d’Écuelles ?

La commune fait partie du canton de Moret-sur-Loing et est située sur le plateau calcaire du Gâtinais au Sud-Ouest du département à quelques kilomètres de Fontainebleau. Écuelles a une superficie de 1181 hectares et 2560 habitants. Le village est longé par le canal du Loing et son chemin de halage. La rivière de l’Orvanne traverse également la commune au niveau de la plaine de Ravanne, vaste espace de verdure de 9 hectares.

Qui intervient pour l’entretien des espaces publics ?

Le service espaces verts est chargé de l’entretien des espaces publics communaux, il est composé de 5 agents titulaires et d’1 agent en emploi saisonnier. Par ailleurs, la commune travaille en partenariat avec Seine-et-Marne Environnement pour une gestion écologique des espaces verts, et est engagée avec le Conseil général dans une démarche de réduction d’usage des produits phytosanitaires qui a abouti, en 2010, à l’arrêt total de l’utilisation de ces produits.

Quelles étaient les pratiques d’utilisation des produits phytosanitaires sur la commune avant le passage au « zéro phyto » ?

Lors de notre arrivée aux responsabilités en mars 2008, j’ai pu constater que la commune d’Ecuelles utilisait une quantité excessive de produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts et de la voirie (115 litres, soient 42 kg de matières actives de désherbant étaient épandues chaque année)… Les agents ne portaient pas d’équipement de protection spécifique pour utiliser ces produits et n’étaient pas sensibilisés à leur dangerosité. Ce constat a été confirmé, à l’été 2008, dans un audit réalisé par le Service de l’Eau Potable et des Actions Préventives du Conseil général.

Quelles ont été vos motivations pour vous lancer dans cette démarche ?

C’est d’abord la réaction du personnel, qui avait beaucoup de mal à supporter les tenues et masques règlementaires indispensables à l’utilisation de ces produits (en particulier par fortes chaleurs). Une motivation environnementale, ensuite, car je suis convaincue de l’intérêt de développer des pratiques alternatives au désherbage chimique, plus respectueuses de l’environnement. Un engagement politique, enfin, car cette démarche s’inscrit dans un projet plus global d’une gestion raisonnée des espaces verts communaux, mise en œuvre avec Seine-et-Marne Environnement dans une convention signée en avril 2009.

Quels moyens avez-vous mis en œuvre pour atteindre cet objectif du « zéro phyto »?

La formation et l’accompagnement des agents, d’une part, car tout changement des pratiques implique nécessairement d’être compris et accepté par le personnel. Ainsi, l’équipe technique a participé à une journée de sensibilisation organisée par le Conseil général afin d’établir un protocole de réduction d’usage des produits phytosanitaires sur la commune. Le choix a été de commencer par arrêter le désherbage chimique sur la voirie (caniveaux). Et d’autre part, des moyens financiers, pour acquérir le matériel nécessaire (désherbeurs thermiques, désherbeurs à disques et broyeur de végétaux)

Comment jugez-vous l’accompagnement du Conseil général ?

Ce partenariat départemental est un formidable atout, un stimulant pour continuer même quand les premiers résultats ne correspondent pas forcément à nos attentes. Le fait d’avoir un regard extérieur à la commune est vraiment intéressant, pour réfléchir et nous obliger à faire le bilan de nos pratiques.

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées lors de l’arrêt du désherbage chimique sur la commune ?

La principale difficulté a été liée à l’utilisation de nouveaux outils de désherbage et principalement le désherbeur thermique. En effet, la méthode thermique demande d’intervenir à un stade très précoce de développement de la végétation pour réaliser un choc thermique et non pas un brulage de celle-ci. Pour ce faire, des outils de planification des interventions ont été mis en place.

Quelles sont vos projets pour les années à venir afin de pérenniser cette démarche ?

L’année 2011 confirme que nous ne nous sommes pas trompés. Ce sont les agents eux-mêmes qui demandent à continuer dans cette démarche, convaincus d’avoir opté pour une méthode de désherbage efficace et durable.

Quels sont les principaux conseils à donner à vos collègues élus pour réussir ?

Communiquer. Il faut qu’il y ait de l’échange, du suivi et de la concertation, afin que les élus portent un autre regard sur l’enherbement. Les habitants doivent également être informés des changements de pratiques. Enfin, je conseille fortement de solliciter l’appui extérieur du SEPAP du Conseil général, pour bénéficier de leur expertise technique et de leur accompagnement.