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Les routes se mettent au vert

Joël Beaufils

Propos recueillis auprès de Joël Beaufils, chef de secteur, Dammartin en Goële, ART de Meaux. Décembre 2009.

Dénombrez-vous beaucoup de chardons sur les espaces routiers ou d’autres plantes invasives ?

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Chardons sur la RD 309

Les chardons se sont installés sur des sites sur lesquels le terrain a été remanié et laissé nu trop longtemps, par exemple à Mitry-Mory dans les talus entre l’A104 et la RD84. Cela pose des problèmes vis-à-vis des agriculteurs *.

Le chardon appartient à la liste nationale des organismes nuisibles au titre de l’article L 251-3 du code rural. La lutte contre l’envahissement de cette espèce est donc obligatoire.

Dans les zones agricoles, les mesures de lutte contre les chardons sont prévues par l’arrêté annuel relatif aux bonnes conditions agro-environnementales (BCAE). Toute infraction à ces dispositions donne lieu à une réduction sur l’ensemble des aides octroyées à l’exploitant agricole au titre de la Politique agricole commune.

En dehors des zones agricoles, la lutte contre les chardons était régie par l’arrêté préfectoral du 15 février 1982. Un arrêté préfectoral en Seine-et-Marne du 4 mars 2009 remplace ces dispositions et rend obligatoire la lutte contre les chardons pour les établissements publics de l’Etat, du département, des communes et les établissements privés.

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Invasion de Renouée du Japon

Les surfaces concernées sont très faibles par rapport aux centaines d’hectares que nous gérons mais elles méritent toute notre attention. En effet, la reproduction de ces végétaux est particulièrement efficace et ils pourraient rapidement gagner du terrain. Nous rencontrons les mêmes difficultés avec la Renoué du Japon. Celle-ci colonise de grands espaces et gagne les talus et les bords de route au fil des années.

Quelles méthodes avez-vous appliquées pour les éradiquer ?

La technique que nous expérimentons consiste à installer sur ces surfaces d’autres végétaux qui vont couvrir le sol et qui devraient ainsi étouffer les plantes invasives. En attendant que la concurrence des couvre sols soit efficace, nous les coupons plusieurs fois dans l’année, ce qui les affaiblit et devrait ainsi les rendre plus vulnérables à l’agression des autres plantes.

Nous allons expérimenter sur certains secteurs des fauches plus précoces au printemps. Ces fauches seront manuelles et nous n’effectuerons pas de broyage pour éviter de disséminer les graines.

Quels problèmes posent ces plantes au niveau des espaces routiers ?

Notre mission de gestionnaire du réseau routier départemental est principalement de garantir la sécurité des usagers et de préserver l’intégrité des infrastructures. Le développement des plantes doit donc être maîtrisé afin par exemple de maintenir la visibilité des carrefours et des panneaux, de permettre l’accès aux accotements, l’évacuation de l’eau, etc. La présence des plantes invasives nous contraint à augmenter les fréquences d’intervention car elles grandissent plus vite que les autres végétaux.