Le prix du service de l'eau
Pourquoi payer pour un produit qui tombe du ciel ? Si l’eau est gratuite à l’état naturel, le traitement pour la rendre potable, le transport pour l’acheminer et la dépollution des eaux usées pour protéger notre environnement ont un coût. Quels sont les éléments du prix de l’eau ? Pourquoi ce prix varie-t-il d’une commune à l’autre ? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur … le prix du service de l’eau.
- Les éléments du prix de l'eau
- La facture d'eau
- La fixation du prix de l'eau
Les éléments du prix de l'eau
La production & la distribution d'eau potable
L’eau, potable naturellement, et sans intervention humaine, est rare. Pour devenir potable, elle doit faire l’objet de traitements et de contrôles. Au minimum, l'eau fait l'objet d'une chloration . Quels sont les coûts de production et de distribution de l’eau potable ?
Il faut tout d’abord puiser l’eau, la traiter pour la rendre potable, et la transporter . Ces différentes étapes nécessitent de construire et de faire fonctionner des ouvrages souvent complexes et coûteux : stations de pompage, usines de traitement, château d’eau , canalisations…
Tout au long de la chaîne de production et de distribution, l’eau doit faire l’objet de contrôles sanitaires afin de fournir au consommateur une eau de qualité.
Les réservoirs et réseaux de canalisations nécessitent un entretien régulier pour éviter les fuites et les pollutions liées à l’usure des matériaux et à la stagnation des eaux.
Enfin, la gestion de tous les services aux clients (abonnements, relévé des compteurs, facturation, conseils, suivi des fuites, renseignements) entre dans le prix du service de l’eau.
Une eau sûre, étroitement surveillée, toujours disponible, 24h/24, tout au long de l'année, partout en France a un coût.
Retour au menuLa collecte & la dépollution des eaux usées
Après utilisation, les eaux usées doivent être collectées et dépolluées avant d’être rendues au milieu naturel. Cette étape importante, appelée assainissement , conditionne l’avenir, la qualité et les réserves en eau.
La législation française a mis en œuvre le principe « Pollueur payeur ». Les consommateurs d’eau participent à la pollution de l’eau par le rejet de leurs eaux usées. Aussi, doivent-ils participer à la protection de la ressource en eau.
Le coût de la collecte et de la dépollution des eaux usées comprend différents postes parmi lesquels :
- la construction, l’entretien et l’exploitation des réseaux de collecte des eaux usées (les égouts),
- la construction et le fonctionnement des stations d’épuration, - l'élimination des produits résiduels (boues, sables, graisses…).
Retour au menuLes redevances & taxes
Le prix de l’eau intègre des redevances et des taxes destinées aux organismes publics chargés de protéger la ressource naturelle en eau et de financer les équipements d’alimentation en eau. Quelles sont les redevances et les taxes liées au service de l’eau ?
Les redevances
La redevance de prélèvement , la redevance de lutte contre la pollution et la redevance modernisation des réseaux de collecte des eaux usées (uniquement pour les collectivités équipées d'un réseau d'assainissement) sont reversées à l’ agence de l’eau du bassin auquel est rattaché le consommateur. Elles sont facturées en fonction de la consommation. Elles permettent aux agences de l’eau d’accorder des aides financières aux différents acteurs de l’eau pour lutter contre la pollution de l’eau, améliorer l’alimentation en eau potable, protéger la ressource et restaurer les milieux aquatiques.
Les taxes
La taxe sur les voies navigables n’est due que par les communes qui prélèvent ou rejettent leur eau dans un cours d'eau géré par Voies navigables de France (V.N.F.). Elle contribue à l’entretien du réseau navigable.
La taxe sur la valeur ajoutée ou « TVA » est reversée à l’Etat. Son taux est celui appliqué aux produits alimentaires soit 5,5%.
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La facture d'eau
Harmonisation de la facture
Depuis juillet 2000, les libellés de la facture des services de l’eau et de l’assainissement sont les mêmes partout en France.
La facture est composée de trois parties :
- la distribution de l’eau,
- la collecte et le traitement des eaux usées,
- les organismes publics.
La facture doit aussi indiquer le niveau des anciens et des nouveaux volumes consommés, les périodes de facturation, et les coordonnées des services de l’eau et de l’assainissement. Une fois pas an, la facture doit intégrer des éléments synthétiques sur la qualité de l’eau distribuée.
Retour au menuComment lire votre facture d'eau ?
Exemple de facture type (702 Ko)
1. La distribution de l’eau
La première partie de la facture comprend : -
L’abonnement ou « prime fixe » : il correspond à la mise à disposition du service (relevé du compteur, entretien des installations, facturation…). Il s’agit d’une part fixe qui ne tient pas compte des volumes consommés. Il varie suivant le diamètre du compteur ou de branchement.
- La location du compteur quand elle n’est pas incluse dans l’abonnement.
-La consommation : c’est la part variable du service facturée selon la consommation réelle relevée au compteur. Elle peut faire l’objet d’un tarif progressif ou dégressif.
2. La collecte et le traitement des eaux usées
La seconde partie de la facture comprend :
-La collecte et le traitement des eaux usées : ce poste couvre les frais des services d’assainissement.
3. Les organismes publics
La troisième partie de la facture comprend les taxes et les redevances :
-La TVA de 5,5% - La taxe éventuelle sur les voies navigables
- Les redevances prélèvement, pollution et modernisation de réseaux reversées à l’Agence de l’Eau. .
Retour au menuLa fixation du prix de l'eau
Comment est fixé le prix dans votre commune ?
Le prix de l’eau est fonction des particularités locales de la ressource en eau. En dehors du poste « redevances et taxes », la détermination du prix de l’eau est sous le contrôle de la collectivité locale : commune, syndicat ou communauté de communes (la commune leur a délégué cette compétence).
Si la collectivité choisit de déléguer le service de l’eau à une société spécialisée, elle décide, par un vote en assemblée délibérante, le niveau de prix. Le contrat passé entre la collectivité et la société fixe la rémunération de celle-ci, la durée de la prestation et les modalités d’évolution du prix de l’eau.
La collectivité peut prévoir une surtaxe pour le financement des investissements pour l’amélioration des équipements et du service de l’eau.
Les taux des redevances des Agences de l’eau sont décidées et votées par les Comités de bassin .
Retour au menuPourquoi le prix varie-t-il entre communes ?
Le prix de l’eau est très variable d’une commune à l’autre et peut varier de 1 à 20.
Les variations s’expliquent principalement par les contraintes géographiques (origine, quantité et qualité de la ressource), le type d’habitat (rural ou urbain), et le niveau des dépenses consacrées à l’entretien, le nouvellement et l’amélioration des réseaux et des équipements (âge et qualité des réseaux).
Les contraintes géographiques
Le prix de l’eau augmente si le lieu de captage est éloigné des lieux de production et de consommation. En effet, une longueur importante de canalisations implique un coût élevé de transport de l'eau potable et d'entretien du réseau.
Si la commune dispose d’une nappe souterraine à proximité, l’eau prélevée nécessitera peu de traitements. Dans le cas contraire, il faudra puiser dans les eaux de surface plus polluées et donc y appliquer des traitements plus complexes rendant le coût de production plus élevé.
La nature des sols a des conséquences sur le vieillissement des canalisations et donc sur le rythme de renouvellement du réseau.
Zones rurales - zones urbaines
Dans les zones rurales, les variations du prix de l’eau s’expliquent par les frais fixes incompressibles. En effet, l’entretien d’un kilomètre de réseau est à la charge de moins d’abonnés. Aussi, les coûts d’entretien sont supérieurs à ceux des zones urbaines.
Dans les zones urbaines, les variations du prix de l’eau s’expliquent par les coûts des traitements complémentaires et les frais de transport. L’eau des grandes agglomérations est souvent issue des eaux de surface présentant généralement une plus grande diversité de polluants. Par conséquent, la nécessité de traitements multiples pour la rendre potable induit un coût de production plus élevé. De plus, les eaux sont puisées et rejetées loin des lieux de production ou d’ assainissement , augmentant les frais liés au transport et au réseau.
L’entretien et l’amélioration des réseaux
Les réseaux de distribution et d’assainissement, les canalisations et les stations d’épuration sont parfois vieillissantes et détériorées. Elles doivent être entretenues et renouvelées.
La Directive européenne sur « le traitement des Eaux Résiduaires Urbaines » (DERU) de 1991 (transcrite en droit français par la loi du 3 janvier 1992) oblige les communes à mettre aux normes leurs stations d’épuration. De même, la législation impose des seuils de polluants à ne pas dépasser pour les eaux rejetées.
Le Département, l’Agence de l’eau, la Région et parfois l'Europe peuvent accorder des aides aux communes pour alléger leurs charges et celles de l’abonné.
Malgré tout, une partie de ces lourds investissements est répercutée sur la facture d’eau du consommateur.
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Rapport de l'observatoire
Analyse départementale du prix de l'eau en Seine-et-Marne - 2010
Chiffres clés
Décomposition du prix de l'eau en 2009 en Seine-et-Marne :
- 37 % production & distribution de l'eau potable,
- 40 % collecte & dépollution des eaux usées,
- 23 % redevance & taxes.

