Le risque de sécheresse en Seine-et-Marne
La quantité d’eau en Seine-et-Marne, comme ailleurs en France, dépend du volume de pluies efficaces tombées sur une année. Ces dernières années, la Seine-et-Marne a connu des épisodes de sécheresse contraignant les différents acteurs de l'eau (communes, particuliers, agriculteurs et industriels) à limiter périodiquement leurs consommations d’eau. Quel est l’état de la ressource en eau ? Quelles sont les actions mises en œuvre dans notre département ?
L'arrêté "sécheresse"
Lorsque l’ étiage atteint un certain seuil, le préfet peut prendre un arrêté sécheresse .
Chaque arrêté préfectoral constate le franchissement d’un seuil, définit la liste des communes et les cours d’eau concernés et fixe des mesures de restrictions d’usages pour chaque catégorie d'utilisateurs (collectivités, industriels, agriculteurs, particuliers).
Il existe 4 seuils qui correspondent à des mesures de restriction de plus en plus sévères :
- le seuil de vigilance ,
- le seuil d' alerte ,
- le seuil de crise ,
- et le seuil de crise renforcée .
Les nappes seine-et-marnaises au plus bas
L’année 2010 a été une année de fort étiage, tant au niveau des cours d’eau que des nappes. Ainsi, 355 communes ont été concernées par des arrêtés de restriction (soit 5 de moins qu'en 2009) :
- les 176 communes du territoire de la nappe du Champigny (est et ouest) ont été en état de crise renforcée durant toute l'année 2010
- 87 communes, sur les bassins versants du Petit Morin et du Grand Morin, ont été concernées par 34 jours d'alerte et 113 jours de crise renforcée
- 70 communes, sur les bassins versants de plusieurs autres cours d’eau (Ourcq, Beuvronne, Thérouanne, Lunain, et Orvanne), ont été concernées par 145 jours d'alerte
- 4 communes sur le bassin versant du Fusin ont été concernées par 65 jours d'alerte et 80 jours de crise renforcée
Concernant la nappe du Champigny, la pluviométrie pour l'hiver 2010-2011 a été à nouveau déficitaire sur la station Météo-France de Melun. En conséquence, la recharge estimée est toujours déficitaire à Melun, soit environ le tiers d'une année moyenne. Sur les autres stations suivies, comme Favières et Cerneux, la pluie et la recharge estimée hivernales ont été conformes à la moyenne, la situation est donc moins tendue. Globalement on s'achemine pour 2011 vers une huitième année consécutive de déficit de réalimentation pour la nappe.
C’est pourquoi les Préfets de région et de département ont classé le 12 octobre 2009 la nappe du Champigny en Zone de Répartition des Eaux (Z.R.E.) sur la partie la plus exploitée (conformément aux recommandations du S.D.A.G.E.), afin qu'une meilleure gestion quantitative soit mise en place (révision du volume prélevé autorisé à 140 000 m3 par jour au lieu de 170 000 m3). Cette zone concerne 113 communes du département.
La nappe de Beauce est touchée par un phénomène similaire, elle est également classée depuis 2003 en Z.R.E. 66 communes du département sont concernées.
Les actions mises en oeuvre
A côté des mesures définies réglementairement dans les arrêtés sécheresse pris par le Préfet, 3 groupes de travail ont été mis en place pour réfléchir aux actions à mener sur la nappe du Champigny:
- Eau potable: réduction des autorisations, performances des réseaux d'eau potable,économie d'eau dans les bâtiments publics;
- Industrie: réduction des prélèvements, optimisation des process;
- Agriculture: gestion collective de l'irrigation par un organisme unique ( la Chambre d'agriculture).
De plus, le Plan départemental de l’eau prévoit un certain nombre d’actions destinées à améliorer la gestion quantitative de l’eau. Parmi les différentes actions, on peut citer :
- Une meilleure connaissance des volumes prélevés, des consommations et des usages, et de la répartition de ces consommations,
- Une amélioration du rendement des réseaux d’alimentation en eau,
- L ’information et la sensibilisation des consommateurs aux économies d’eau.

