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Le risque de sécheresse en Seine-et-Marne

La quantité d’eau en Seine-et-Marne, comme ailleurs en France, dépend du volume de pluies efficaces tombées sur une année. Ces dernières années, la Seine-et-Marne a connu des épisodes de sécheresse contraignant les différents acteurs de l'eau (communes, particuliers, agriculteurs et industriels) à limiter périodiquement leurs consommations d’eau. Quel est l’état de la ressource en eau ? Quelles sont les actions mises en œuvre dans notre département ?

L'arrêté "sécheresse"

Lorsque l’étiage atteint un certain seuil, le préfet peut prendre un arrêté sécheresse.

Chaque arrêté préfectoral constate le franchissement d’un seuil, définit la liste des communes et les cours d’eau concernés et fixe des mesures de restrictions d’usages pour chaque catégorie d'utilisateurs (collectivités, industriels, agriculteurs, particuliers).

Il existe 4 seuils qui correspondent à des mesures de restriction de plus en plus sévères :

Vigilance : Information et incitation des particuliers et des professionnels à faire des économies d'eau

Alerte : Réduction des prélèvements à des fins agricoles inférieure à 50% (ou interdiction jusqu'à 3 jours par semaine), mesures d'interdiction de manœuvre de vanne, d'activité nautique, interdiction à certaines heures d'arroser les jardins, espaces verts, golfs, de laver sa voiture, etc.

Alerte renforcée : Réduction des prélèvements à des fins agricoles supérieure ou égale à 50% (ou interdiction supérieure ou égale à 3,5 jours par semaine), limitation plus forte des prélèvements pour l'arrosage des jardins, espaces verts, golfs, lavage des voitures, etc, jusqu'à l'interdiction de certains prélèvements

Crise : Arrêt des prélèvements non prioritaires y compris des prélèvements à des fins agricoles. Seuls les prélèvements permettant d'assurer l'exercice des usages prioritaires sont autorisés (santé, sécurité civile, eau potable, salubrité) .

Un printemps 2016 exceptionnellement pluvieux

Un contexte climatique contrasté propice à la recharge des nappes

L’année 2016 a été particulièrement contrastée du point de vue de la pluviométrie. La station Météo-France de Melun a observé un mois de mars puis des mois de mai et juin exceptionnellement pluvieux (153 mm en mai dont 120 mm en dix jours et 68 mm en trois jours - 120 mm en juin). Le mois de mai a été le plus pluvieux depuis 1959. A contrario, les mois de juillet et août ont été largement déficitaires : environ 25 % de précipitations par rapport à la moyenne (13,2 mm en juillet par rapport à une moyenne de 61,3mm et 16,7 mm en août par rapport à une moyenne de 53,4 mm). Le mois d’octobre a été également inférieur à la normale (24,3 mm par rapport à une moyenne de 63,6 mm), tout comme le mois de décembre (13,5 mm par rapport à une moyenne de 61,4 mm).

Le cumul annuel pour 2016 est ainsi dans la normale à Melun (647,2 mm par rapport à 679,9 mm en moyenne) malgré les événements climatiques exceptionnels connus. 

En termes de températures, 2016 aura été une année dans les normales de saison. La recharge de la nappe du Champigny a été bonne au cours de la saison 2015-2016, et la remontée de son niveau s’est poursuivie jusqu’à début juillet du fait de la pluviométrie exceptionnelle, des pluies efficaces combinées aux effets de la réduction des prélèvements. En revanche, la vidange de la nappe s’est étalée jusqu’à la fin du mois de février 2017, en conséquence d’une pluviométrie déficitaire de l’hiver 2016-2017. Le niveau de la nappe du Champigny est néanmoins en fin d’année 2016 le plus haut depuis dix ans et reste donc au-dessus du seuil de vigilance. L’année 2016 n’a pas été concernée par des arrêtés sécheresse pour les nappes d’eau souterraines..

La pluviométrie excédentaire de mai et juin 2016 a provoqué des inondations d’une ampleur exceptionnelle sur l’ensemble des cours d’eau de Seine-et-Marne. Des phénomènes de ruissellement et de remontées de nappe ont renforcé les inondations par débordements de cours d’eau par endroit.

  • Loing > janvier 1910 (100 ans)
  • Petit Morin > décembre 2001 (50 ans)
  • Seine > janvier 1982 (20-30 ans)
  • Grand Morin > décembre 2001 (20 ans)
  • Yerres > mars 1978 (100 ans)
  • Voulzie > décembre 2001 (10 ans)

La campagne agronomique 2015-2016 est caractérisée par des conditions climatiques extrêmes. Dans un premier temps, les bonnes conditions climatiques de l’hiver ont permis une implantation satisfaisante des cultures d’automne et ainsi d’avoir un bon potentiel en sortie d’hiver.

Les températures douces au printemps ont eu pour conséquence une augmentation de la pression maladie. Malgré cela, ce bon potentiel s’est maintenu jusqu’en mai avec des températures moyennes et un faible déficit hydrique.

La dernière décade de mai a ensuite été caractérisée par une pluviométrie très excédentaire (trois fois la normale) et un très faible rayonnement. Ces éléments ont perturbé la fécondation sur les céréales d’hiver (avortement des grains) et ensuite le remplissage des grains en juin.

Pour les céréales à pailles, les rendements ont chuté de plus de 50 % sur l’ensemble du département pour atteindre un niveau jamais atteint en Seine-et-Marne (40 q/ha en moyenne contre 90 habituellement). Parallèlement, la teneur en protéines s’est maintenue à un niveau satisfaisant.

Pour les cultures de printemps, les conditions de la fin mai n’ont pas permis d’avoir un développement végétatif satisfaisant. On observe souvent des chutes de rendements importants notamment sur les récoltes d’été. Pour les cultures de betteraves et de maïs, les conséquences climatiques ont été également marquées.

En effet, l’épisode excessivement pluvieux du 20 mai au 20 juin, a été suivi par un été chaud et sec, engendrant un déficit hydrique important pour les cultures d’été. 

Rappel : les Préfets de région et de département ont classé le 12 octobre 2009 la nappe du Champigny en Zone de Répartition des Eaux ( ZRE) sur la partie la plus exploitée (conformément aux recommandations du S.D.A.G.E.), afin qu'une meilleure gestion quantitative soit mise en place (révision du volume prélevé autorisé à 140 000 m3 par jour au lieu de 170 000 m3). Cette zone concerne 113 communes du département.

La nappe de Beauce est touchée par un phénomène comparable, elle est également classée depuis 2003 en ZRE. 66 communes du département sont concernées.

Les actions mises en oeuvre

A côté des mesures définies réglementairement dans les arrêtés sécheresse pris par le Préfet, 3 groupes de travail ont été mis en place pour réfléchir aux actions à mener sur la nappe du Champigny :

  • Eau potable : recherche de ressources de substitution (interconnexion), réduction des autorisations, performances des réseaux d'eau potable,économie d'eau dans les bâtiments publics ;
  • Industrie: réduction des prélèvements, optimisation des process ;
  • Agriculture: gestion collective de l'irrigation par un organisme unique ( la Chambre d'agriculture).

De plus, le Plan Départemental de l’Eau prévoit un certain nombre d’actions destinées à améliorer la gestion quantitative de l’eau. Parmi les différentes actions, on peut citer :

  • Une meilleure connaissance des volumes prélevés, des consommations et des usages, et de la répartition de ces consommations ;
  • Une amélioration du rendement des réseaux d’alimentation en eau ;
  • L ’information et la sensibilisation des consommateurs aux économies d’eau.