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Le risque de sécheresse en Seine-et-Marne

La quantité d’eau en Seine-et-Marne, comme ailleurs en France, dépend du volume de pluies efficaces tombées sur une année. Ces dernières années, la Seine-et-Marne a connu des épisodes de sécheresse contraignant les différents acteurs de l'eau (communes, particuliers, agriculteurs et industriels) à limiter périodiquement leurs consommations d’eau. Quel est l’état de la ressource en eau ? Quelles sont les actions mises en œuvre dans notre département ?

L'arrêté "sécheresse"

Lorsque l’étiage atteint un certain seuil, le préfet peut prendre un arrêté sécheresse.

Chaque arrêté préfectoral constate le franchissement d’un seuil, définit la liste des communes et les cours d’eau concernés et fixe des mesures de restrictions d’usages pour chaque catégorie d'utilisateurs (collectivités, industriels, agriculteurs, particuliers).

Il existe 4 seuils qui correspondent à des mesures de restriction de plus en plus sévères :

Vigilance : Information et incitation des particuliers et des professionnels à faire des économies d'eau

Alerte : Réduction des prélèvements à des fins agricoles inférieure à 50% (ou interdiction jusqu'à 3 jours par semaine), mesures d'interdiction de manœuvre de vanne, d'activité nautique, interdiction à certaines heures d'arroser les jardins, espaces verts, golfs, de laver sa voiture, etc.

Alerte renforcée : Réduction des prélèvements à des fins agricoles supérieure ou égale à 50% (ou interdiction supérieure ou égale à 3,5 jours par semaine), limitation plus forte des prélèvements pour l'arrosage des jardins, espaces verts, golfs, lavage des voitures, etc, jusqu'à l'interdiction de certains prélèvements

Crise : Arrêt des prélèvements non prioritaires y compris des prélèvements à des fins agricoles. Seuls les prélèvements permettant d'assurer l'exercice des usages prioritaires sont autorisés (santé, sécurité civile, eau potable, salubrité) .

Les niveaux des nappes remonte durant l'hiver 2014

Un contexte climatique contrasté propice à la recharge des nappes

L’’année 2015 a été particulièrement contrastée du point de vue de la pluviométrie. La station Météo-France de Melun a observé un mois de juin très sec (2ème mois de juin le plus sec depuis 1959) et un mois de juillet largement déficitaire. Les cumuls de pluies tombées en août ont été largement supérieurs aux normales environ le double de la moyenne notamment à Voulton 111 mm pour une normale à 53 mm. Le mois de septembre a été supérieur à la normale mais avec de très fortes disparités géographiques. Le mois de décembre à été anormalement faible (le plus faible depuis 1975). Le cumul annuel pour 2015 a été en dessous de la normale à Melun d’environ 25 % (505,3 mm par rapport à 676,9 mm en moyenne).

A la fin de l’été, des épisodes pluvieux localisés ont pu entraîner du ruissellement, susceptible de s’infiltrer dans les zones de pertes en rivière et de créer localement un peu de recharge pour la nappe. En termes de chaleur, 2015 aura été une année supérieure à la moyenne, mais inférieure à 2014 qui avait été la plus chaude en moyenne depuis 1900. 0.

La recharge de la nappe du Champigny a été bonne au cours de la saison 2014-2015, et la remontée de son niveau s’est poursuivie jusqu’au mois de mai grâce à des pluies efficaces combinées aux effets de la réduction des prélèvements, en revanche la vidange de la nappe s’est étalée jusqu’à la fin du mois de décembre sûrement due à une pluviométrie déficitaire sur l’ensemble de l’année. Le niveau de la nappe du Champigny est ainsi en fin d’année 2015 plus bas que celui de décembre 2014 mais reste comme en 2013 et 2014 au-dessus du seuil de vigilance. En mars 2015, la majorité des piézomètres du Champigny possède un indicateur de niveau de la nappe supérieur à 50 % du taux de remplissage, aussi bien dans les parties occidentales qu’orientales de la nappe. L’année 2015 n’a pas été concernée par des arrêtés sécheresse pour les nappes d’eau souterraines. .

L’année 2015 a été concernée par des arrêtés sécheresse à partir du mois de juin, ils concernaient les petites rivières celles-ci étant très sensibles à la pluviométrie, en particulier le Petit et le Grand Morin, la Thérouanne et le Réveillon. Le déficit de la pluviométrie de mai à mi-juillet a provoqué une baisse du niveau de la Marne et de la Seine mais elles sont restées au-dessus du seuil de vigilance en Seine-et-Marne grâce au soutien des lacs réservoirs. À partir du mois d’août les fortes pluies ont fait remonter le niveau nettement au-dessus du seuil de vigilance.

La campagne 2014-2015 s’est caractérisée par des conditions globalement favorables jusqu’en mai. Les déficits hydriques de juin ont été plus ou moins marqués entrainant parfois des chutes de rendement. Les températures les plus élevées ont été finalement tardives, impactant surtout les secteurs les moins précoces (nord Ile-de-France).

Pour les céréales à pailles, de bons à très bons rendements ont été obtenus, malgré les inquiétudes liées au climat de fin de cycle. La qualité a souvent été au rendez-vous avec parfois des teneurs en protéines un peu faibles.

Pour les cultures de printemps, les conditions d’implantation ont été globalement favorables, ce qui a permis une levée rapide et homogène. Cependant, les fortes chaleurs de juin et les faibles précipitations tout au long du cycle ont lourdement impacté les rendements. Enfin, si la pression maladie a été faible, les ravageurs en revanche ont profité de ces conditions douces et sèches pour s’installer dans les cultures et entraîner des viroses.

L’irrigation a permis de garantir le rendement dans les sols superficiels ainsi qu’une meilleure valorisation de l’azote (de l’engrais ou du sol). Cela explique les teneurs en protéines en tendance plus élevées dans les parcelles irriguées. 

Rappel : les Préfets de région et de département ont classé le 12 octobre 2009 la nappe du Champigny en Zone de Répartition des Eaux ( ZRE) sur la partie la plus exploitée (conformément aux recommandations du S.D.A.G.E.), afin qu'une meilleure gestion quantitative soit mise en place (révision du volume prélevé autorisé à 140 000 m3 par jour au lieu de 170 000 m3). Cette zone concerne 113 communes du département.

La nappe de Beauce est touchée par un phénomène comparable, elle est également classée depuis 2003 en ZRE. 66 communes du département sont concernées.

Les actions mises en oeuvre

A côté des mesures définies réglementairement dans les arrêtés sécheresse pris par le Préfet, 3 groupes de travail ont été mis en place pour réfléchir aux actions à mener sur la nappe du Champigny :

  • Eau potable : recherche de ressources de substitution (interconnexion), réduction des autorisations, performances des réseaux d'eau potable,économie d'eau dans les bâtiments publics ;
  • Industrie: réduction des prélèvements, optimisation des process ;
  • Agriculture: gestion collective de l'irrigation par un organisme unique ( la Chambre d'agriculture).

De plus, le Plan Départemental de l’Eau prévoit un certain nombre d’actions destinées à améliorer la gestion quantitative de l’eau. Parmi les différentes actions, on peut citer :

  • Une meilleure connaissance des volumes prélevés, des consommations et des usages, et de la répartition de ces consommations ;
  • Une amélioration du rendement des réseaux d’alimentation en eau ;
  • L ’information et la sensibilisation des consommateurs aux économies d’eau.