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Collectif

Le traitement des boues

Le traitement des eaux usées entraîne la création d’un sous produit principal que l’on appelle la boue.
Comment la traite t-on ? Où la stocke t-on ? Qu’en fait-on ?
C’est une étape à part entière de la station d’épuration.

Caractéristiques

photo séchage solaire des boues

Traitement des boues par séchage solaire (STEP de Bourron-Marlotte)

Une station d’épuration comprend obligatoirement deux filières de traitement :

  • la filière eau qui assure la dépollution des eaux usées,
  • la filière boue qui assure le traitement du sous produit principal d’une station d’épuration, à savoir la boue.

Quel que soit le type de traitement biologique, il y a une production de boue. Elle est cependant plus ou moins importante en fonction du type de traitement de l’eau.

La boue résulte de l’activité biologique des micro-organismes vivant dans les stations et qui transforment les matières transportées par les eaux usées. Elle est composée essentiellement de bactéries mortes, de matière organique stabilisée, de sels minéraux et d’eau. La production pour le département de Seine-et-Marne est de 17 500 T/an de matières sèches (données 2014).

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Typologie des traitements

Au fil des années, les types de traitement des boues se sont diversifiés. Le but de ce traitement est avant tout de réduire la teneur en eau qui reste néanmoins à hauteur de 98 à 65 % selon la technologie, sauf en cas de séchage thermique ou solaire (moins de 20 % d'eau dans le produit final). Sur le département on peut distinguer les méthodes suivantes :

Filière liquide

  • Les silos à boue (ex : station d’épuration de Dormelles), équipés de puissants agitateurs pour homogénéiser les boues.
  • Les silos à boues concentrées (ex : station d’épuration de Voulx)

Filière solide

  • Les lits de séchage ; plateforme en sable avec des drains dans le fond (ex : station d’épuration de Soignolles-en-Brie)
  • Les filtres à macrophytes , composés d’un matériau filtrant et plantés de macrophytes et équipés de drains au fond (ex : station d’épuration d’Egreville)
  • Les poches filtrantes qui permettent le stockage et la déshydratation des boues par gravité
  • Les traitements mécaniques :
  • les tables d’égouttage permettant un épaississement des boues "c’est un pré-traitement avant un autre traitement mécanique ou un stockace dans un silo à boues" (exemple : station d’épuration d’Annet-sur-Marne)
  • les filtres à bandes (ex : station d’épuration de Pommeuse)
  • les centrifugeuses (ex : station d’épuration de Montry)
  • les filtres presses ( ex : station d’épuration de Champagne-sur -Seine)

En complément de ces 2 dernières techniques, il peut être annexé un séchage thermique afin d’augmenter la siccité des boues.

  • Séchage thermique (Celui de la station d’épuration de Villeparisis n'est plus utilisé)

Plus de 96 % des boues produites en Seine-et-Marne font l’objet d’une déshydratation mécanique. La centrifugeuse est l’équipement le plus répandu. Depuis quelques années et compte tenu de la réglementation, des problèmes liés aux nuisances olfactives et aux demandes des agriculteurs, des traitements complémentaires sont apparus, à savoir le chaulage avec de la chaux vive et le compostage sur des centres délocalisés.

Les boues sont ainsi hygiénisées. Environ 87 % des boues produites dans le département subissent ce type de traitement complémentaire.

Typologie des stockages des boues

En fonction de la destination des boues, on distingue plusieurs solutions :

  • Silo à boue avec un temps de séjour de 9 à 12 mois (ex : station d’épuration de Dormelles),
  • Poche à boue avec un temps de séjour identique (équipement comprenant une enveloppe épaisse en matériau synthétique – ex : station d’épuration de Valence en Brie),
  • Aire de stockage bétonnée, couverte ou non, avec un temps de séjour de 9 à 12 mois (ex. station d’épuration de Fontenay Trésigny). Le plus souvent les aires de stockage sont compartimentées pour une gestion des boues par lot de production.
  • Serre pour le séchage solaire, qui a deux fonctions, une fonction de stockage des boues déshydratées mécaniquement et une fonction de séchage par le soleil et l’air naturel. Afin de favoriser le séchage, elle est désormais le plus souvent équipée d’un plancher chauffant alimenté par une pompe à chaleur. (ex : station d’épuration de Bourron Marlotte).
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Destination des boues

Il existe 4 filières principales pour éliminer les boues :

  • La valorisation agricole,
  • le compostage qui est en réalité un complément de traitement en vue d’un recyclage majoritairement agricole,
  • le centre de stockage des déchets ultimes (CSDU),
  • l’incinération.

La production totale de boues des stations d’épuration du département s’est élevée en 2014 à 17 500 tonnes de matières sèches (T.M.S.), soit une diminution de 5% par rapport à 2013.

Aujourd’hui, 62 % des boues produites sur le département ont une destination agricole contre 99 % en 2009 et 70 % en 2013. Toutes les boues utilisées directement en agriculture font l’objet d’un suivi agronomique.

Il existe six unités de compostage dans le département (Cerneux, Jaignes, Voulton , La-Brosse-Montceaux, Presles-en-Brie et Sivry-Courtry) qui reçoivent les boues urbaines, le compost produit étant épandu localement. Aucun suivi agronomique n’est réalisé puisque la qualité du compost répond à la norme NFU 44-095.

La nouvelle unité d'incinération des boues de la Communauté d'Agglomération de Melun Val-de-Seine (CAMVS) est opérationnelle depuis août 2011 et celle de Saint-Thibault-Des-Vignes depuis mai 2013. Ces unités ne sont pas équipées pour produire de l'énergie, les boues incinérées présentant un pouvoir calorifique insuffisant (boues pâteuses). Il faut cependant souligner qu'une réflexion est en cours pour une production de méthane par digestion des boues sur les 2 sites, une partie du gaz étant utilisée sur place (chauffage du digesteur et incinération des boues). Le gaz excédentaire serait injecté dans le réseau GRDF.

Localisation des épandages


La quantité de boues valorisées sur le Département diminue avec moins d'importation et plus de destruction par incinération des boues produites par les stations de Seine-et-Marne.

Le nombre de communes concernées par des épandages est de 178, représentant 34 % de l’ensemble des communes mais ne concerne annuellement que 1.4 % de la superficie agricole utile totale du Département. Quatorze communes reçoivent plus de 1000 tonnes de produits bruts contre une trentaine en 2008. Les secteurs particulièrement concernés par les épandages sont :

  • Région nord : Dammartin-en-Goële, La-Ferté-sous-Jouarre et Coulommiers
  • Région centre ouest : Melun, mais moindre que les années précédentes (impact de l'incinérateur)..

Le secteur sud (Lorrez-Le-Bocage) et la région de Provins sont  moins sollicités que le reste du Département.

Certains périmètres sont éloignés des lieux de production, les productions les plus importantes se faisant en zone urbaine où les terres cultivées disponibles sont réduites et où les contraintes d’épandage sont fortes et tout particulièrement par rapport au risque d’odeurs. Il est logique dans ce contexte que les épandages soient orientés vers les secteurs ruraux.

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Rapport de l'observatoire


Gestion des boues en Seine-et-Marne

Gestion des sous produits de l'assainissement

Les fiches techniques sur le traitement des boues issues de l'assainissement

Le saviez-vous ?

Une famille de 4 personnes produit 32 litres de boue par jour

Dans une tonne de boue brute chaulée à 30% de siccité, il y a 13 kg d'azote, 9 kg de phosphore, 1,2 kg de potasse, 2 kg de magnésie et 80 kg de chaux