Etat des ressources en eau souterraine de Seine-et-Marne

Près de 80 % de l’eau potable alimentant les Seine-et-Marnais provient de nappes d’eau souterraine. Quelles sont ces nappes ? Quel est leur état, du point de vue qualitatif et quantitatif ? Réponses dans cet article et la plaquette éditée par le Département.

Etat des ressources en eau souterraine de Seine-et-Marne

Cette année, le Département publie un rapport de l’Observatoire de l’eau dédié à l’étude des ressources souterraines en eau potable de Seine-et-Marne. Vous trouverez dans ce document, ainsi que ci-dessous, des informations sur le contexte hydrogéologique en Seine-et-Marne, et un état des lieux de la ressource en eau souterraine, établi à partir de l’analyse des données de plusieurs réseaux de surveillance des nappes. 

Les nappes utilisées pour l’alimentation en eau potable du département

La Seine-et-Marne dispose d’importantes réserves d’eau souterraine, ou nappes, qui sont stratégiques pour l’alimentation en eau potable. Elles sont contenues dans des roches réservoirs, ou aquifères, sont différenciées par des couches sédimentaires plus ou moins imperméables selon les secteurs.  
L’alimentation en eau potable des Seine-et-Marnais provient à 79 % de captages d’eau souterraine, qui captent dans une ou plusieurs nappes, localisées dans des terrains perméables (calcaires ou sables) et séparées entre elles par des formations semi-perméables (marnes) ou imperméables (argiles).
 

Crédit photo : Situation stratigraphique ou couches géologiques du bassin parisien (source DRIEE)

Les nappes des alluvions

Elles sont contenues dans des milieux poreux superficiels permettant des échanges dans les deux sens avec les cours d’eau. Cela leur confère une grande productivité, mais aussi une forte vulnérabilité aux pollutions des cours d’eau.

Les autres nappes de Seine-et-Marne

Elles sont contenues dans des aquifères multicouches avec des formations plus ou moins perméables. Les aquifères de Brie, du Champigny, du Lutétien-Yprésien et de la Craie sont des milieux hétérogènes complexes constituant une ressource en eau potable importante, mais particulièrement vulnérable aux pollutions de surface, qui peuvent s’infiltrer plus ou moins rapidement.
Parmi ces nappes, la nappe du Champigny est la plus exploitée pour l’alimentation en eau potable. La nappe profonde de l’Albien (à plus de 600 mètres de profondeur) est par contre très peu exploitée, avec un seul forage dans le sud du département. Elle constitue la réserve stratégique du bassin parisien.

 

Une ressource vulnérable à protéger

Etat qualitatif des ressources souterraines

L’étude des données sur l’eau brute a montré que toutes les nappes, sauf la nappe profonde de l’Albien, sont polluées par des pesticides et des nitrates. Les relations nappes-rivières, nappes-nappes (phénomène de drainance) et la présence de gouffres naturels, où s’écoulent des cours d’eau qui rejoignent les eaux souterraines, expliquent la présence de nitrates et de pesticides dans toutes les nappes, y compris la nappe profonde de la Craie.

Crédit photo : Ivan Lisiecki/CD77 - Gouffre de Rampillon en périodes de basses eaux et de hautes eaux. (source : )

Etat quantitatif des ressources souterraines

Crédit photo : Département de Seine-et-Marne - Piézomètre du réseau départemental de surveillance de la nappe du Champigny

Les variations du stock d’eau d’une nappe souterraine sont étudiées par la piézométrie. Il s’agit de la mesure dans un piézomètre de la hauteur d’eau de la nappe. L’analyse des fluctuations des niveaux piézométriques permet de déterminer les cycles de recharge et de vidange d’une nappe. 
La mise en parallèle des chroniques piézométriques et des précipitations montre des recharges de nappes suite à des pluies importantes, essentiellement pour les nappes les plus superficielles (nappes des alluvions, calcaires de Brie et nappe du Champigny). Pour les autres nappes, plus profondes, ce constat est moins évident. Cela s’explique notamment par le fait que l’eau met plus de temps à atteindre ces nappes.

En principe, la nappe atteint son niveau le plus bas à la fin de la période estivale. Cette période est appelée « l’étiage » ou « période de basses eaux ». Les niveaux de hautes eaux sont atteints après la recharge hivernale car les précipitations sont généralement importantes, l’évaporation est faible et les plantes ne prélèvent pratiquement pas d’eau dans le sol. La recharge des nappes dépend donc de la moyenne des températures et des précipitations, qui sont variables d’une année à l’autre, et même d’une saison à l’autre.
Par ailleurs, si le niveau des nappes varie naturellement au rythme des saisons, cette variation peut être fortement accentuée par les activités humaines et les prélèvements d’eau. 

Pour les nappes les plus sollicitées, comme la nappe du Champigny, des mesures règlementaires ont été prises pour préserver l’état quantitatif de la ressource en limitant les prélèvements sur les communes situées dans une zone appelée « Zone de Répartition des Eaux (ZRE) ». Des niveaux seuils (vigilance, alerte et crise) ont été définis pour déclencher des mesures de restriction des usages. 
La chronique piézométrique de Montereau-sur-le-Jard montre une alternance de cycles de bas niveaux et de hauts niveaux et indique que le seuil de crise a été atteint dans les années 1990 et 2010. 
 


Il existe une association, AQUI'Brie, qui a pour vocation de comprendre le fonctionnement de la nappe du Champigny et de la protéger.