Fonctionnement des services

L’ assainissement non collectif est une solution technique de traitement des eaux usées indispensable en milieu rural. Pourquoi certaines parties d’une commune utilisent ce type de traitement ? Qui surveille le fonctionnement de ces ouvrages, avec quelles structures ?

Fonctionnement des services

La gestion

Crédit photo : Service Public d’Assainissement Non Collectif

Comme pour l’assainissement collectif, la loi sur l’eau de 1992 a souhaité qu’un service suive le fonctionnement des assainissements individuels, c’est le Service Public d’ Assainissement Non Collectif ( SPANC ).

Toutes les collectivités ayant au minimum une habitation zonée en assainissement non collectif se devaient de mettre en place un SPANC , géré financièrement comme un service à caractère industriel et commercial et ce avant fin 2005.

En 2019, toutes les collectivités n’ont pas mis en place leur SPANC , 95 % des communes du département en disposent (cf. carte de gouvernance à télécharger ci-contre).

Le mode de gestion des SPANC est varié sur le département :

  • Régie communale ou intercommunale,
  • Délégation à une société privée sous deux formes
    • Soit la prestation de service (les 4 grandes sociétés opérant dans l’assainissement collectif ou des bureaux d’études)
    • Soit l’affermage, le plus souvent en lien avec le contrat existant déjà pour l’assainissement collectif

Les zonages d’assainissement

En 2019, à l'exception d'une commune (Armentières-en-Brie), l'ensemble des collectivités avait réalisé un schéma directeur d’assainissement (SDA), 92 % ont mis en place leur zonage eaux usées, après enquête publique, et seulement 75% leur zonage eaux pluviales, après enquête publique également. Sans avoir été soumis à enquête publique, le zonage est actuellement sans valeur juridique. A noter qu’un grand nombre de collectivités sont en cours d’établissement des documents de zonage (eaux usées ou eaux pluviales), mais la procédure prend du temps : a minima 8 mois pour les plus courtes.

Le document de zonage est pourtant un élément règlementaire indispensable qui découle des Schémas Directeurs d’ Assainissement (SDA). Le zonage permet de définir sur le territoire de la commune, en s’appuyant sur une étude technico-économique (nature des sols, surface des terrains, dispersion des habitations), les zones qui seront en assainissement collectif (réseaux d’assainissement et station d’épuration) et celles qui seront en assainissement non collectif (chaque habitation devra s’équiper de sa propre installation d’assainissement). Il permet également de définir sur le territoire de la commune les zones où des mesures devront être prises vis à vis de la gestion des eaux pluviales afin de limiter les risques d'inondation.

Ce zonage, une fois approuvé par le conseil municipal et soumis à enquête publique, devient un document d’urbanisme intégré au Plan d'Occupation du Sol ( POS ) ou au Plan Local d'Urbanisme ( PLU ), et est donc opposable aux tiers.

Les coûts du service

Une enquête sur les coûts des SPANC a été menée en 2013 et a permis de mettre en lumière les chiffres-clés suivants sur les coûts des prestations qui sont assurées par le SPANC :

Le prix moyen pour chaque prestation est le suivant :

  • 1er Diagnostic : 118 €
  • Contrôle de conception-réalisation : 222 €
  • Diagnostic en cas de mutation immobilière : 137 €
  • Vérification périodique de bon fonctionnement : 124 €

Globalement, les prix pratiqués par les délégations sont légèrement inférieurs à ceux pratiqués en régie. L’enquête a permis de mettre en lumière les problématiques autour du financement du SPANC , notamment l’annualisation de la redevance qui peut poser problème vis-à-vis du respect de la réglementation.

Gestion de la compétence assainissement non collectif

A compter de 2026 au plus tard (cf. loi du 3 août 2018 sur le transfert des compétences eau et assainissement et sous couvert des conditions nécessaires au report), l’assainissement non collectif devra être géré a minima à l’échelle des communautés de communes, la gestion communale des SPANC ne sera plus possible règlementairement. Dès 2020, les Communautés d’agglomération devront assumer cette compétence pour celles qui ne l’assumaient pas jusqu’alors. L’échelon intercommunal étant majoritaire dans la gestion de l’assainissement non collectif, cette transition est d’ampleur moindre que celle concernant le transfert de la gestion de l’assainissement collectif soumis aux mêmes échéances.