Actions préventives

Gestion des routes

Les actions développées par les différents gestionnaires des routes pour limiter la pollution des nappes phréatiques et cours d'eau de Seine-et-Marne par les pesticides.

Département, Etat, sociétés d'autoroutes

Le réseau autoroutier compte aujourd’hui près de 11 000 km d’autoroutes (10 fois plus qu’il y a 30 ans) et bon nombre de routes nationales ont perdu leur fonction d’écoulement du trafic.

En 2007, l’Etat a transféré les routes nationales aux départements (rapprochement des utilisateurs du niveau de décision local, meilleure gestion de proximité). Ainsi, le Département gérait 4 060 km de voirie, contre 4 325 km aujourd'hui.

Le Département

La Direction Principale des Routes (DPR) du Département est au « zéro phyto » depuis 2009 sur les 4 325 km de routes et a mis en place des méthodes de gestion sans produits phytosanitaires.

Gestion de la végétation

Technique dite de « Fauche raisonnée » tout en maintenant la sécurité des usagers. La hauteur de fauche est comprise entre 10 et 15 cm. Les machines sont réglées pour ne pas couper à moins de 10 cm, pour éviter des coupes « à blanc » favorables à certaines plantes indésirables (chardons) et défavorables à la biodiversité.
Lorsque la largeur des accotements est importante, fauchage tardif, à l’automne, au-delà de la bande de sécurité.

Ce nouveau mode d’entretien des accotements permet de profiter du pouvoir filtrant de la végétation vis-à-vis des polluants générés par la circulation routière. La végétation est ainsi maintenue durant les périodes printanières et estivales.

En 2015, une action de sensibilisation a été menée avec l’appui des services de la Direction de l'Eau, de l'Environnement et de l'Agriculture du Département, auprès de l’encadrement des centres d’exploitation de la DPR (75 personnes), afin de parfaire l'approbation de ces modes de gestion "Zéro phyto" et "fauchage raisonné".

Chardon et Renouée du Japon

La DPR a mis en place des dispositifs de lutte contre des espèces indésirables.
Elle coupe des plants de Renouée du Japon puis, ponctuellement, pose des plaques en caoutchouc fabriquées à partir de pneus recyclés. Ces plaques peuvent rester jusqu’à cinq ans en place.

En Seine-et-Marne, la lutte contre le chardon (Cirsium arvense) est obligatoire (arrêté préfectoral 2013/DDT/SADR/088).

Depuis 2016, une plateforme de signalement de localisation de chardons des champs est disponible aux riverains et agriculteurs. Les services d'exploitation procèdent ainsi à l’écimage des plantes avant qu’elles ne grainent (coupe de la cime de la plante).

Cette procédure additionnée à la surveillance des accotements permet une intervention rapide pour détruire au bon moment les chardons des champs (Cirsium arvense). Cette gestion différenciée favorise le couvert végétal et réduit l’installation des chardons.

La hauteur de fauche d'un minimum de 10 cm évite également des coupes « à blanc » favorables aux chardons et défavorables à la biodiversité.
 

Autoroutes

En Seine-et-Marne, les autoroutes sont gérées par 2 sociétés, l'APRR et la SANEF qui ont rejoint le groupe de travail actions préventives en zones non agricoles du Plan Départemental de l'Eau. Les échanges relatifs aux actions menées en faveur de la protection de la ressource en eau sur les réseaux routiers sont ainsi favorisés.

Groupe Autoroutes Paris Rhin Rhône (APRR)

Gestion des autoroutes A5, A6 et A77

Cette société poursuit une politique de réduction d’utilisation et a mis en place plusieurs méthodes pour limiter les pesticides :

  • obtention de la certification des opérateurs à l’utilisation raisonnée des traitements phytosanitaires (Certiphyto)
  • certification ISO 14001 : audits des districts (locaux de stockage…)
  • création de fiches outils (bonnes pratiques à l’usage des décisionnaires et des opérateurs)
  • élaboration d’un marché centralisé pour l’achat des pesticides

Maîtrise de la végétation par techniques mécaniques : fauchage, curage, balayage avec brosses désherbeuses…

Désherbage par balayeuse aspiratrice équipée d’une brosse métallique qui élimine la matière organique accumulée dans les fils d’eau et qui favorise l’implantation d’herbes spontanées.
Pose de résines adaptées dans les zones fissurées qui limite l’installation d’herbes.

Méthodes préventives : plaques anti-herbe au pied des panneaux, paillage des massifs, plantation de plantes couvre-sol, installation de gazon à pousse lente.

Réflexion menée avec l’association AQUI’Brie pour améliorer l’entretien des aires d’autoroutes sans produit phytosanitaire (ajout de plantes vivaces peu exigeantes limitant les zones de tonte).

Travaux d’aménagements paysagers réalisés sur un site pilote (aménagements en faveur de la biodiversité et installation de ruches).

Réflexions menées et testées au niveau de la société sur les aménagements de parkings, trottoirs et voiries des zones d’accueil du public (adaptation du génie civil aux conditions d’entretien en limitant les bordures et les joints).

Lutte contre les plantes invasives :

  • Chardons : suivi en interne et par le biais des agriculteurs riverains pour une intervention mécanique, dans la mesure de condition météorologique favorable pour les accès et la mise en place de balisages.
  • Renouée du Japon : essais de bâchage concluants et précautions prises lors du fauchage.
  • Berce du Caucase (plante photosensibilisante) : déterrage à la bêche pour l’éradiquer.
  • L'ambroisie à feuilles d'armoise (plante très allergisante de lutte obligatoire)  revêt une attention particulière.
     

Société des Autoroutes du Nord et de l’Est de la France (SANEF)

Gestion de l'autoroute A4

Risques de pollution accidentelle de l'eau : Etude de vulnérabilité  et programme d'actions. Recensement et cartographie des zones à risque telles que les captages d'eau potable afin de mettre en place des dispositifs permettant de piéger les pollutions accidentelles sur ces zones vulnérables.

Pollution par pesticides :  Une démarche de réduction d'usage de produits phytosanitaires a permis une réduction de 80 % de l'usage de pesticides au cours des 10 dernières années.
 

Autres routes de Seine-et-Marne

Voirie communale

Le Département et l'association AQUi'Brie accompagnent les communes afin de réduire leur utilisation de produits phytosanitaires dans l'entretien d'espaces communaux..

La voirie est une zone à fort risque de pollution. Depuis le 1er janvier 2017, il n’est plus possible d’y utiliser des produits phytosanitaires sauf exceptions (Loi dite « Labbé » amendée par la loi relatif à la transition énergétique du 22 juillet 2015).

Voirie nationale

Depuis la réorganisation de 2007, 326 km de voirie seine-et-marnaise dont près de 100 km de bretelles d'accès restent sous la responsabilité de l’Etat et plus particulièrement de la Direction Interdépartementale des Routes (Dirif) qui s’est substituée à l’ancienne Direction départementale de l’équipement (DDE). Il s’agit de 62 km de voies rapides (N2, N3, N6, N104,…), 99 km de bretelles et 154 km de voirie à enjeu national (N19, N36, N330…).

Une rencontre entre la Dirif et l'association AQUI'Brie a confirmé l'entretien au "zéro phyto" sur le périmètre de compétence de l’association (territoire de la nappe du Champigny).

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