Eau potable

PFAS dans l’eau potable : les obligations règlementaires depuis le 1er janvier 2026

PFAS © ANSES
Suite à une première campagne exploratoire menée par l'ANSES entre 2023 et 2025, des obligations réglementaires de surveillances des PFAS dans l'eau du robinet sont mises en œuvre depuis le 1er janvier 2026.

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L'ANSES a mené une campagne exploratoire nationale de mesure des PFAS dans l’eau entre 2023 et 2025. Malgré le constat d’une présence étendue, les concentrations mesurées restent en majorité inférieures aux limites de qualité. Certains PFAS sont peu présents, d’autres sont fréquemment détectés, en particulier le TFA (acide trifluoroacétique), retrouvé dans 92 % des échantillons.

Que sont les PFAS ?

Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) forment une famille de plusieurs milliers de composés chimiques utilisés dans de nombreux produits pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou résistantes à la chaleur. On les retrouve notamment dans les textiles ou certains produits industriels. Ces substances sont qualifiées de « polluants éternels » car elles se dégradent très peu dans l’environnement. Elles peuvent s’accumuler dans les organismes vivants et sont aujourd’hui détectées dans l’air, l’eau et les sols.

La surveillance dans l’eau du robinet

La directive européenne sur la qualité des eaux destinées à la consommation humaine impose la surveillance de 20 PFAS dans l’eau distribuée en France à compter de janvier 2026. Une limite de qualité de 0.1 µg/L est fixée pour la somme de ces substances, avec des seuils plus stricts pour certains PFAS jugés plus préoccupants. Les résultats de la campagne nationale (2023 - 2025) montrent que seule une faible proportion des prélèvements dépasse cette valeur.

Mesures de gestion en présence de PFAS dans l’eau de consommation

  1.  En cas de dépassement de la limite de qualité fixée à 0,1 µg/l pour la somme des 20 PFAS, l’eau est alors considérée comme « non - conforme ». Des prélèvements de recontrôle et de suivi sont toutefois nécessaires pour vérifier et confirmer ce résultat dans le temps. Dans cette situation, la PRPDE (personne responsable de la production et distribution de l’eau) est invitée à améliorer la qualité de l’eau dans les meilleurs délais et à informer la population. La présence de PFAS dans l’eau est considérée comme indésirable et doit être maintenue au niveau le plus bas possible. A ce stade, l’eau, bien que non-conforme d’un point de vue administratif reste consommable.
     
  2. En cas de dépassement de Valeurs sanitaires maximales (Vmax) définies par l’ANSES ou recommandées par le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) sur la base de travaux scientifiques et toxicologiques. L’exposition des populations peut présenter un risque pour la santé et des restrictions d’usage sont imposées.
     
  3. Cas particulier pour l’acide trifluoroacétique (TFA) et l’acide 6 :2 fluorotélomersulfonique (6 :2 FTSA),  ils ne sont pas inclus dans la liste des 20 PFAS de la directive européenne 2020/2184, toutefois ils devront être recherchés dans les eaux distribuées obligatoirement à partir de janvier 2027.
     
    • L'évaluation des risques sanitaires liés à la présence de TFA dans l’eau du robinet est en cours d’analyse par l'ANSES. Dans l’attente, les mesures de gestion adoptées en Allemagne en 2023 peuvent être retenues : Valeur sanitaire indicative de 60 µg/L et définition d’une trajectoire de réduction vers une concentration inférieure à 10 µg/L.
       
    • Pour le 6 :2 FTSA, dans son avis du 14 octobre 2025, l’ANSES fixe une Valeur guide sanitaire dans l’eau pour ce composé à 1,7 µg/L.

 

Les mesures à prendre par les PRPDE (Personnes Responsables de la Production et Distribution de l'Eau) – Quels traitements ?

Les PRPDE doivent mettre en œuvre les actions nécessaires pour rétablir la conformité et réduire l’exposition des populations. En l’absence de solutions immédiates, un plan d’actions détaillé et une demande de dérogation doivent être transmis au préfet . Les solutions techniques mobilisables incluent notamment des traitements par charbon actif ou par filtration, adaptés aux polluants émergents. En parallèle, des démarches seront entreprises avec les services de l’Etat dans l’objectif d’identifier les sources de pollutions et travailler à les réduire.

 

PFAS : vers une surveillance élargie

La campagne nationale de l’ANSES confirme que la grande majorité de l’eau potable en France est conforme aux exigences réglementaires actuelles. Toutefois, certaines zones restent vulnérables et nécessitent une surveillance renforcée. La présence généralisée des PFAS à chaîne courte et ultra-courte, en particulier le TFA, constitue un enjeu majeur pour l’avenir. L’ANSES propose d’élargir la surveillance des PFAS avec trois stratégies de surveillance :

  • Surveillance pérenne pour les substances les plus préoccupantes et récurrentes dans le cadre de plans de surveillance nationaux,
  • Surveillance exploratoire (ponctuelle) pour les substances insuffisamment recherchées aujourd’hui,
  • Surveillance localisée pour des substances avec une source de contamination locales (anciennes ou actuelles).

Pour en savoir plus sur les résultats en Seine-et-Marne, une carte avec les résultats de la campagne exploratoire de 2024 en Ile-de-France est disponible sur le site de l'ARS

Surveillance des PFAS dans l’eau de consommation humaine en région Île-de-France | Agence régionale de santé Ile-de-France

Laboratoire Départemental de Seine-et-Marne

Le laboratoire départemental d’analyse de Seine-et-Marne (LDA77) est agréé par les Ministères en charge de la santé et de l’environnement. Il est accrédité par le Comité français d’accréditation (COFRAC). Le laboratoire développe de nouvelles méthodes notamment pour analyser les nouvelles molécules entrées au contrôle sanitaire.

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