Patrimoine des réseaux d’eau

La Direction de l’Eau, de l’Environnement et de l'Agriculture du Département de Seine-et-Marne, par le biais du Service de l’Eau Potable et des Milieux Aquatiques (SEPoMA) a lancé en 2012 une enquête auprès des collectivités et des délégataires du département, permettant la sortie d’un état des lieux du patrimoine de leurs réseaux d’eau potable.

Patrimoine des réseaux d’eau

L’un des objectifs de cette étude de patrimoine a été de faire prendre conscience aux collectivités compétentes de la nécessité de s’engager dans une réelle démarche de gestion patrimoniale des réseaux d’eau par la mise en place de stratégies durables d’optimisation du renouvellement de ces canalisations.

Cette rubrique présente certaines des conclusions obtenues à l’issue de cette étude.

Composition des réseaux

Crédit photo : Répartition des matériaux des réseaux d’eau potable en Seine-et-Marne selon l’étude 2012

Le matériau dominant en Seine-et-Marne est la fonte avec 35 % des longueurs posées. Il est majoritairement présent dans l’Ouest, dans le Sud et en partie dans le Nord du département. Quant au PVC, il représente 24 % du linéaire total du département.

 

L’un des points noirs du département est la présence de canalisations en amiante-ciment (19 %). Le PEHD, plus récent, représente seulement 6 % du réseau AEP , comme l’acier qui est lui un matériau relativement ancien. Il est à noter que 12 % du réseau est inconnu en Seine-et-Marne. Ce chiffre est inquiétant et paraît relativement élevé par rapport aux autres départements ou le pourcentage de matériaux inconnus ne dépasse pas 6 %.

Âge des réseaux

La majorité des réseaux a été posée dans les années 1970 avec une date moyenne de pose située en 1971. Plus de 90 % des communes ont posé leurs réseaux eau potable entre 1960 et 1990. Cette tendance est logiquement corrélée avec la forte augmentation de la population sur la partie Ouest du département qui a entrainé une extension des réseaux AEP .

Crédit photo : Date de pose des réseaux d’eau potable selon les différents matériaux en Seine-et-Marne

Sur le département, la durée de vie estimée du réseau d’eau potable est en moyenne de 66 ans. Or, actuellement l’âge moyen du réseau seine-et-marnais est de 41 ans, ce qui signifie que ce réseau est plutôt dans sa seconde moitié de vie.

En moyenne, pour les communes à faible densité, l’âge moyen est de 47 ans alors que pour celles à densités élevées il est de 34 ans. Ceci s’explique par la forte augmentation de la population des communes de grande taille, principalement à l’Ouest du département, dans les années 70 qui ont majoritairement posé des matériaux ayant une espérance de vie élevée comme la fonte.

Etat du réseau

Crédit photo : Etat théorique des réseaux d’eau potable selon l’étude 2012

En 2012, 37 % des communes peuvent être considérées comme ayant un patrimoine en bon état voir très bon état (note comprise entre 0 et 4), les performances en terme de rendement et dindice linéaire de pertes dans ce cas très bonnes. A l’inverse, 18 % des communes possèdent un réseau considéré comme mauvais ou très mauvais (note comprise entre 6 et 10). D’après les données, on ne constate pas de différences significatives entre l’état des réseaux pour les communes de faible à forte densité d’abonnés.

L’un des objectifs de cette enquête a été de faire prendre conscience aux collectivités compétentes de la nécessité de s’engager dans une réelle démarche de gestion patrimoniale des réseaux d’eau par la mise en place de stratégies durables d’optimisation du renouvellement de ces canalisations.

Renouvellement des réseaux et impact sur le prix de l’eau

Le taux de renouvellement actuel du réseau AEP sur le département est de 0,21 % ce qui signifie qu’au rythme actuel, il faudrait environ 450 ans pour renouveler l’ensemble du réseau alors que la durée de vie estimée d’un réseau type en Seine-et-Marne est de 67 ans.

L’effort à produire pour atteindre le renouvellement théorique, lui-même lié à la durée de vie du réseau est de 1,33 %. Il sera en revanche plus difficile d’atteindre les 3,85 % liés au retard accumulé sur les 40-50 dernières années.

D’après les simulations de l’étude afin d’atteindre ce que devrait être le renouvellement théorique du réseau, le prix de l’eau potable devrait passer de 1,71 € HT/m3 à 3,53 € HT/m3, soit une différence de 1,82 € HT/m3.