Eau potable

Qualité de l'eau potable - Focus sur les métabolites de pesticides

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En Seine-et-Marne, suite à la réalisation de campagnes exploratoires, de nouveaux pesticides et leurs produits de dégradation appelés métabolites ont été intégrés au contrôle sanitaire afin de garantir une meilleure surveillance de l’eau du robinet.

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Pesticides et métabolites pertinents

Plus de 1 000 pesticides différents sont recensés dans le monde, avec environ 300 substances actives autorisées en France. Les métabolites de pesticides sont des molécules issues de la dégradation des pesticides dans l'environnement. Les risques sanitaires engendrés par la présence de ces métabolites dans l’eau sont évalués par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Si le métabolite présente un risque pour la santé des consommateurs, dans ce cas on parle de métabolite pertinent.

Sources de contamination

 

Les eaux souterraines, qui représentent 79% de l'eau distribuée en Seine-et-Marne, sont particulièrement sensibles aux pollutions par les pesticides, notamment en raison de l’importance de la surface agricole dans le Département.

Contrôle sanitaire et seuils règlementaires

Le contrôle sanitaire des eaux inclut les pesticides depuis les années 1980. Plus de 200 molécules sont suivies, en fonction des risques sanitaires, des ventes de pesticides, et des capacités analytiques des laboratoires. La liste des pesticides et métabolites recherchés a évolué, passant de 140 à plus de 200 molécules en 2022. Au 1er janvier 2025, suite aux campagnes exploratoires, l’Agence Régionale de Santé (ARS) a ajouté une liste de métabolites de pesticides auparavant non intégrés au contrôle sanitaire.

Des dépassements des seuils réglementaires ont été observés en Seine-et-Marne pour les métabolites suivants : Desphényl-chloridazone et Méthyl-desphényl-chloridazone (métabolites pertinents) ; Chlorothalonil R417888 (métabolite pertinent) et Chlorothalonil R471811 (métabolite non pertinent) ; Dimétachlore R354742 (métabolite non pertinent).

 

Limites de qualité

Les limites de qualité pour les pesticides et leurs métabolites pertinents sont fixés à 0,1 µg/l par substance et 0,5 µg/l pour la totalité des substances recherchées. Pour les métabolites non pertinents, la valeur indicative est de 0,9 µg/l. Ces limites ont été établies dans un objectif de lutte contre la pollution de la ressource et non sur la base d'une approche toxicologique d'impact sur la santé. Ces limites peuvent être un indicateur d'un dysfonctionnement des installations de traitement.

 

Valeur Maximale Sanitaire (Vmax)

La gestion du risque sanitaire s'appuie sur les recommandations de l'ANSES, qui prend en compte les différentes voies d'exposition pour déterminer les valeurs de gestion sanitaire. La valeur maximale sanitaire (Vmax) est une concentration maximale définie par l'ANSES sur la base d'études toxicologiques pour chaque molécule de pesticide ou métabolite pertinent. En deçà de cette valeur, l'eau peut-être consommée sans entraîner d'effet néfaste pour la santé.

 

 

Exemples de Valeur Maximale Sanitaire (Vmax) :

  • Chloridazone : 300 µg/L
  • Métabolite - Chloridazone desphényl : 11 µg/L
  • Métabolite - Chloridazone méthyl desphényl : 110 µg/L
  • Chlorothalonil : 45 µg/L
  • Métabolite - Chlorothalonil R417888 : 3 µg/l

 

 

Dérogations et mesures correctives

En cas de dépassement des limites de qualité, si la concentration reste en dessous de la Valeur sanitaire maximale, l'eau peut continuer à être distribuée sans risque sanitaire immédiat. Dans ce cas, l'eau distribuée est non-conforme d'un point de vue administratif, mais reste consommable.

Cependant, des mesures correctives doivent être mises en place pour rétablir la conformité et les consommateurs doivent être informés. Les mesures correctives pour retrouver une eau de qualité sont plurielles et à adopter en fonction de chaque situation :

  • la recherche d’une nouvelle ressource,
  • le traitement par des techniques comme l'adsorption sur charbon actif ou la filtration membranaire pour éliminer les pesticides de l'eau.

En outre, le temps de retrouver des valeurs de qualité conformes, les Personnes Responsables de la Production et de la Distribution de l'Eau (PRPDE) sont tenus de transmettre au Préfet un plan d'action détaillé et de solliciter une demande de dérogation.

 

Conclusion

La qualité de l'eau distribuée en Seine-et-Marne est étroitement surveillée, avec des contrôles réguliers et des actions correctives en cas de dépassement des seuils réglementaires. La vigilance et la prévention restent essentielles pour garantir une eau saine à la population. Par ailleurs, la mise en œuvre d'actions pour réduire la contamination des masses d’eau par la protection des captages et la réduction de l'utilisation des pesticides sont essentielles pour préserver une bonne qualité de l'eau.

 

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Pour en savoir plus sur les résultats en Seine-et-Marne, l'Agence Régionale de la Santé de la région Île-de-France met à disposition l'ensemble des résultats issus des contrôles sanitaires et des campagnes exploratoires réalisées : 

Contrôle sanitaire des pesticides en Île-de-France dans les eaux destinées à la consommation humaine | Agence régionale de santé Ile-de-France

 

Laboratoire Départemental de Seine-et-Marne

Le laboratoire départemental d’analyse de Seine-et-Marne (LDA77) est agréé par les Ministères en charge de la santé et de l’environnement. Il est accrédité par le Comité français d’accréditation (COFRAC). Le laboratoire analyse notamment les nouvelles molécules entrées au contrôle sanitaire.

 

Voir aussi