Mai

C'est le moment pour les semis de printemps.

Mai

Au jardin d’ornement

Arrosage

Choisissez des espèces ayant de faibles besoins en eau (rose trémière, kochia, nigelle de Damas, campanules, euphorbes, corbeille d’argent, la plupart des bulbes…), et plantez-les à l’endroit adapté (exposition, type de sol). Privilégiez les plantes locales (bleuets, bourraches, coquelicots, camomille, achillées, lotier...), adaptées à nos climats et plus intéressantes pour la faune (insectes, oiseaux). En plantant vos massifs dans des endroits abrités ou ombragés, vous limitez l’évaporation et donc l’arrosage.

L’utilisation de paillages permet de limiter la pousse d’herbes indésirables, mais aussi de diminuer l’évaporation et donc de réduire les besoins d’arrosage. Privilégiez autant que possible l’arrosage à l’aide d’un arrosoir, qui permet de doser précisément les quantités d’eau apportées. En enfonçant un pot en terre cuite ou un goulot de bouteille plastique au pied d’une plantation, ou bien en plaçant au moment de la plantation un drain perforé enroulé autour des racines et dont une extrémité reste au-dessus du sol, on favorise une diffusion lente de l’eau directement au niveau des racines.

Arrosez plutôt le matin en cette saison (les nuits sont encore fraîches et le risque de gelée est encore présent) ; en été il sera plus utile d’arroser le soir pour permettre aux plantes de s’abreuver pendant la nuit. Si vous arrosez vos plantes (déjà installées) un peu moins souvent, vous les forcerez à mieux s’enraciner pour aller puiser l’eau dans le sol et à être plus résistantes. Enfin, pour éviter de favoriser les maladies, évitez de trop mouiller le feuillage, en particulier des plantes dont les feuilles sont velues, et de trop maintenir l’humidité ; les arrosages fins et répétés favorisent les attaques d’oïdium, par exemple. Pensez aussi à la récupération des eaux de pluie, réglementairement autorisée et conseillée, et qui peut même donner droit à un crédit d’impôts !

Désherbez sans polluer

Commencez par vous demander pour chaque espace s’il est réellement nécessaire de le désherber, si la végétation spontanée ne peut pas être tolérée. Bien souvent, elle peut être tout à fait esthétique et joue son rôle dans l’équilibre de votre jardin (par exemple en nourrissant les insectes auxiliaires).

Pour éviter d’avoir à désherber, vous pouvez aussi placer un paillage ou planter des plantes couvre-sol qui occuperont l’espace. Dans les cours ou les allées, vous pouvez désherber à l’aide d’outils manuels (binette, râteau, sarcloir…), désherber à l’eau chaude (par exemple et réemployant votre eau de cuisson) ou éventuellement utiliser un désherbeur thermique à gaz (voir fiche "Gérer les "mauvaises" herbes).

Etat sanitaire du jardin

Crédit photo : Oïdium sur érable plane

Continuez à surveiller étroitement vos plantes pour réagir à temps en cas d’attaque ou de maladie. Identifiez le problème (tout insecte sur une plante n’est pas nuisible) et son ampleur. S’il s’agit d’insectes, repérez également la présence éventuelle de prédateurs (coccinelles, larves de surphes et de chrysopes …). Lorsque seuls quelques feuilles ou quelques rameaux sont atteints, supprimez-les pour éviter une propagation de la maladie ou de l’infestation.

Contre les champignons comme l'oïdium, évitez de mouiller le feuillage, supprimez les parties atteintes, éventuellement pulvérisez de la décoction de prêle.

Contre les pucerons, cochenilles…supprimez les parties les plus infestées ; vous pouvez utiliser un jet d’eau pour les décoller ou bien pulvériser un mélange d’eau et de savon, par exemple. Si des fourmis sont présentes pour protéger les colonies, pensez à l’utilisation de bandes engluées au pied de l’arbre ou de l’arbuste attaqué. Continuez à protéger les pousses tendres des limaces (barrières à l’aide de cendre ou de sciure de bois…)

Pelouse

Faites les premières tontes, en réglant la tondeuse à la hauteur maximale. Une pelouse tondue moins souvent et plus haut s’enracine mieux et a besoin de moins d’eau. De plus une tonte trop basse fragilise le gazon face aux maladies et favorise les vivaces à rosette. Si vous le pouvez, conservez quelques zones non tondues (ou tondues en différé) afin de garder un refuge et de la nourriture (fleurs notamment) pour les insectes et animaux du jardin. Ramassez les tontes et mettez-les au compost ou faites-les sécher pour les utiliser comme paillage.

Bulbes de printemps

Coupez les fleurs fanées des iris, narcisses, tulipes…pour éviter que les bulbes ne s’épuisent. Mais laissez le feuillage en place jusqu’à ce qu’il se dessèche afin que le bulbe puisse reconstituer ses réserves. Si vous souhaitez entreposer vos bulbes en attendant de les replanter à l’automne, ou les déplacer dans le jardin, attendez que le feuillage soit desséché pour le faire.

Arbres et arbustes

Si vous ne l’avez pas déjà fait, taillez les arbres et arbustes à floraison printanière : une fois qu’ils sont défleuris : forsythias, cognassiers du Japon, groseilliers à fleurs, lilas, corète du Japon…Éliminez les rejets poussant à partir de la base du lilas.

Pour les haies, vous pouvez tailler les conifères et les arbustes à feuillage persistant (lonicera, troène…). Surveillez les arbres et arbustes plantés à l’automne (ou plus encore si vous avez fait des plantations au printemps) et arrosez-les si le temps reste sec. Vérifiez qu’ils sont correctement tuteurés, car avec le feuillage ils offrent une meilleure prise au vent. Paillez éventuellement leur pied (ainsi que toute plantation que vous seriez tenté de désherber). Supprimez les pousses apparaissant sur les troncs des arbres conduits en tige.

Rosiers

Crédit photo : Rouille sur rosier

Apportez du composte et un paillage au pied de vos rosiers si vous ne l’avez pas déjà fait (évitez l’écorce de pin, trop acide, qui pourrait être à l’origine de chloroses). Surveillez l’apparition de pucerons. Si des pucerons sont présents, vérifier si aucun de leurs prédateurs naturels n’est pas déjà présent aussi sur la plante (larves de coccinelles, de chrysopes…). S’il n’y a pas de prédateurs pouvant contenir l’infestation, vous pouvez pulvériser du purin d’orties, ou bien de l’eau additionnée de savon de Marseille ou de savon noir et renouveler la pulvérisation régulièrement pour atteindre tous les pucerons ; coupez les rameaux les plus infestés ou détruisez manuellement ou à l’aide d’une brosse les manchons denses de pucerons qui peuvent se former. Si vous voyez des fourmis présentes sur votre rosier, pensez à utiliser des bandes engluées telles que celle utilisées sur les arbres fruitiers (voir le mois de mars, conseils dans la partie verger).

Surveillez l’apparition de maladie telles que la rouille, le marsonia, ou l'oïdium ; supprimez les premier rameaux et feuilles atteints pour limiter autant que possible la propagation de la maladie. Vous pouvez renforcer la résistance de votre plante à l’aide de décoction de prêle. En dernier recours, on peut utiliser du soufre micronisé contre l’oïdium, ou de la bouillie bordelaise contre la rouille.

Semis

Vous pouvez semer en place les soucis, nigelles de Damas, cosmos, pavots, tournesols, zinnias (fin de mois), coreopsis œillets d’Inde…C’est aussi la bonne période pour semer la plupart des mélanges de « jachère fleurie ». Ces mélanges, esthétiques et généralement peu exigeants, peuvent vous permettre de fleurir des surfaces importantes. Ils sont utiles aux insectes auxiliaires en leur offrant nourriture et refuge. Choisissez de préférence des plantes locales, plus intéressantes pour les insectes : un nouveau logo "vraies messicoles" permet de repérer les plantes locales ! (voir le guide de plantation des arbres et arbustes).

Semez des fleurs à proximité de votre potager et de vos arbres fruitiers afin d’y attirer les insectes pollinisateurs.

Pensez aussi à éclaircir les semis faits précédemment, afin qu’ils puissent se développer correctement ; de plus des plantations trop serrées favorisent les maladies telles que l’oïdium.

La processionnaire du pin

Crédit photo : Reconnaitre la processionnaire du pin

Les chenilles sont en train de descendre des arbres "en procession" (en file indienne). Elles sont actuellement urticantes : ne les manipulez pas et ne restez pas à proximité des nids. Elles sont également dangereuses pour les animaux de compagnie, comme les chiens qui peuvent tenter de les mâcher. Surveillez-les.

Les écopièges, accrochés autour des troncs d'arbres, interceptent la descente des chenilles et les dirigent vers un sac dans lequel elles restent prisonnières. Si vous n'en avez pas encore installé, faites-le au plus vite.

La pyrale du buis

Crédit photo : Reconnaitre la pyrale du buis

La pyrale du buis est une espèce exotique envahissante que l'on trouve maintenant en Île-de-France. Les chenilles, vert clair avec des bandes longitudinales vert fonce, et une tête noire, se nourrissent des feuilles. Les buis brunissent d'abord, puis les feuilles sont mangées, en laissant le pétiole et parfois la nervure centrale. Cette espèce cause des dégâts importants et est difficile à maîtriser.

A cette période on peut observer les très jeunes chenilles qui décapent les feuilles (en grossissant elles consommeront la totalité de la feuille).

La chenille n'est pas urticante, vous pouvez ramasser les chenilles à la main et les écraser. Penser à regarder au cœur des arbustes, et sous les feuilles, où les chenilles se réfugient. Les chenilles peuvent tomber si l'on secoue l'arbre ou si on le frappe à l'aide d'un bâton, ce qui peut faciliter leur ramassage, particulièrement en mettant une bâche au pied de l'arbre.

Hors période de sécheresse, un jet d'eau sous pression peut abîmer les chenilles ; une technique à réserver aux journées ensoleillées ou venteuses pour éviter de favoriser d'autres maladies du buis.

A ne pas confondre avec certaines maladies du buis, qui provoquent aussi un brunissement de la plante, comme Cylindrocladium buxicola (pas de chenilles, apparition de taches brunes sur les feuilles). Dans ce cas, taillez et détruisez les parties atteintes, pensez à désinfecter votre matériel de taille. 

Arbres fruitiers

Arrosage et palissage

Surveillez les arbres nouvellement plantés ; binez et placez un paillage à leur pied, arrosez si le temps reste sec. Palissez les framboisiers, les ronces à mûres, et attachez les jeunes pousses des arbres fruitiers palissés.

Insectes et maladies

Crédit photo : Framboisier et myosotis

Surveillez l’apparition de pucerons (en particulier en haut de l’arbre) et de cochenilles. Observez également la présence éventuelle de prédateurs et parasites des pucerons. Supprimez les rameaux les plus atteints ou décrochez les insectes à l’aide d’une brosse.

En tout début de mois il est éventuellement encore possible d’installer les pièges à phéromones pour le carpocapse (voir le mois d'avril), mais attention le piège sert à empêcher la reproduction des papillons, qui a lieu le plus souvent dès le début du mois de mai pour la première génération (une deuxième génération a lieu en août pour les carpocapses des pommes, et dès fin juin pour le carpocapse des prunes). En le posant trop tard vous risqueriez de laisser passer les pontes de la première génération. Ramassez les fruits véreux tombés des arbres et détruisez-les. Installez les pièges à mouche de la cerise si vous ne l’avez pas encore fait. Surveillez l’apparition d’oïdium et détruisez les pousses attaquées. Vous pouvez planter des myosotis au pied de vos framboisiers, ils éviteraient les attaques du ver du framboisier.

Potager

Arrosage, désherbage et récolte

Un arrosage à l’arrosoir devrait être suffisant pour le moment ; il sera possible d’installer un système d'arrosage au goutte-à-goutte plus tard si nécessaire.

Binez et sarclez régulièrement ; installez un paillage pour limiter la pousse des herbes concurrentes.

Récoltez les choux verts, les laitues, les petits pois, les radis…

Semis et plantations

Semez en pleine terre les betteraves, carottes, choux, poireaux d’hiver, navets, épinards, haricots, pois à grain ridé, radis…Attendez la deuxième moitié du mois pour semer ou planter les tomates, aubergines, courges, courgettes, concombres…Plantez également les aromatiques (basilic, ciboulette, sauge, thym…). Pensez à planter vos légumes dans des conditions qui leur conviennent, et préférez les variétés tolérantes ou résistantes aux maladies les plus courantes comme le mildiou. Pensez à éclaircir vos semis pour leur permettre de se développer correctement et éviter les maladies. Pensez aux associations de plantes – semez des œillets d'Inde à proximité de vos plants de tomates, ils les protègeront des nématodes.

Insectes et maladies

Crédit photo : Doryphore

Continuez de collecter lors du travail du sol les larves de taupins, de noctuelles et de hannetons (voir le mois d'avril). Surveillez également l’hépiale du houblon, une chenille qui provoque un flétrissement brutal des salades en s’attaquant à leur collet : détruisez les chenilles lorsque vous constatez ce type de dégâts. Continuez à ramasser le criocère de l’asperge ; surveillez également l’apparition du doryphore et détruisez ceux que vous observez.

Surveillez l’apparition de pucerons (voir plus haut pour les méthodes de lutte). Les altises, de petites coléoptères, peuvent grignoter le feuillage de vos radis, navets, choux… Installez dans ce cas un voile anti-insectes, des pièges engluées blancs, ou bien semez des plants de moutarde et de radis « à sacrifier » qui attireront les altises et les détourneront des choux.

Par ailleurs, les sitones, de petits charançons, peuvent se nourrir du bords des feuilles de petit pois ; ces dégâts ne représentent que rarement un risque pour la plantation. Surveillez l’apparition de mildiou et ôtez les parties atteintes. Évitez les plantations trop serrées, aérez les cultures sous abris. Si nécessaire, traitez au purin d’ortie ou à la décoction de prêle.

Pour plus d'informations, voir "les ravageurs du potager".

Au balcon

Préparez vos jardinières

Choisissez des plantes qui n'ont pas de besoins trop importants en eau, et adaptées à l'exposition de leur emplacement. En choisissant des espèces ayant de faibles besoins en eau, on peut réduire jusqu'à 50% les besoins en arrosage ! Exemples de plantes "sobres" : joubarbes, sedums, oreille d'ours, pourpier à grandes fleurs, lavandes, certaines aromatiques comme le thym, le romarin...

C'est aussi le moment de semer vos jardinières de plantes aromatiques. Vous pouvez aussi semer vos plantes grimpantes, notamment les non rustiques (capucines, ipomées, pois de senteur...). Installez un paillage au pied de vos plantes pour réduire leurs besoins en eau.

Sortez vos plantes gélives

A partir de la deuxième moitié du mois vous pouvez sortir les plantes gélives que vous aviez rentrées pour l’hiver : pélargoniums, lantanas, lauriers roses, agrumes…Vous pourrez aussi commencer à sortir les cactus et plantes grasses –habituez les progressivement au soleil.

Et encore...

Plantes d'intérieur

Attention à l'exposition directe au soleil qui peut brûler les feuilles maintenant que la luminosité augmente. Écartez si possible les plantes des fenêtres. Surveillez la présence de pucerons, de cochenilles... Divisez les broméliacées ayant fait des rejets (tillandsias, vrieseas, neoregelias...).

Mare

C'est également le moment de mettre en place une mare au jardin, milieu très intéressant pour la faune et la flore. Choisissez un espace dans un point bas de votre jardin (il recueillera les eaux de ruissellement), dans un espace dégagé (évitez la proximité de trop d'arbres dont les feuilles pourraient asphyxier le milieu). Cependant, la durée d’ensoleillement l’été ne doit pas excéder 6 heures pour éviter que l’eau ne se réchauffe trop, il est donc préférable que la mare bénéficie d’un peu d’ombre. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez avoir recours à des plantes telles que les nénuphars, qui peuvent couvrir jusqu'à 30 % de la surface de la mare.

Si votre sol n’est pas naturellement imperméable (argiles) il sera nécessaire d’imperméabiliser le fond : idéalement avec des argiles, sinon avec une bâche. Préférez une végétation locale aux espèces exotiques (souvent envahissantes).

Une partie des berges doit être en pente douce. Ceci facilitera la venue des amphibiens (grenouilles, tritons…) et les bains des oiseaux, tout en limitant les risques de noyades des petits mammifères comme les hérissons. Vous pouvez faire des paliers successifs, ce qui permettra l’installation de plusieurs types de plantes. Privilégiez les plantes locales, de nombreuses espèces ornementales se révèlent invasives.

Il est aussi intéressant de créer une partie des bordures (si possible au sud) en pente abrupte, avec une profondeur de 80 cm minimum : ainsi les animaux vivants dans la marre pourront s’y réfugier en cas de gel ou d’assèchement partiel.

N’installez pas de poissons (qui seraient un risque pour la diversité de votre mare), laissez la faune venir et s’installer naturellement.

Faune et flore

C'est la pleine période de la pollinisation : observez et protégez les abeilles et autres insectes pollinisateurs. N'utilisez jamais de produits chimiques en leur présence ! Les insectes auxiliaires prédateurs ou parasites sont présents aussi au jardin, observez les coccinelles, syrphes, chrysopes...

Divers

C'est un bon moment pour mettre en place un compost, si vous n'en avez pas encore. Les orties, consoudes, prêles sont présentes et peuvent être cueillies pour fabriquer purins et décoctions.